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Dossier
La pub vue par les publicitaires

«Être publicitaire, c’est avoir l’autorisation de vivre pleinement le syndrome de Peter Pan»

Pascal de Decker, directeur de création exécutif et directeur général de Taxi Montréal.

pascal de decker

Quand on était petit, un bâton devenait une épée, un fusil, une longue-vue, une baguette magique. Aujourd’hui, pour beaucoup de monde, un bâton, c’est un truc qu’on enlève du terrain et qu’on prend avec des gants de jardinage des fois qu’un chien aurait pissé dessus.

Être publicitaire, c’est avoir l’autorisation de garder son âme d’enfant, de vivre pleinement ce que j’appelle le syndrome de Peter Pan et de vivre dans un lieu où l’on ne grandit jamais. C’est un métier où l’on a l’obligation de regarder tout ce qui nous entoure avec un œil nouveau et d’inventer des mondes à partir de presque rien.

Vous l’aurez compris, j’adore mon métier.

Je souris toujours à l’idée de recevoir un briefing. Que deviendra le bâton aujourd’hui? Oui, c’est vrai, il y a ces jours où le bâton reste un bâton (mais avec un burst à côté). Ça arrive. Souvent. Mais les fois où il devient un sujet de rires, de larmes ou d’émerveillement, tout est oublié. Le spectacle peut commencer. Un spectacle de 30 secondes, de 40k ou de milliers de pixels, peu importe, mais la magie opère.

Je suis sincèrement ému devant de grandes idées. Et de mauvaise humeur quand je vois des pubs de merde.

Ça, c’est ce qui se passe dans ma tête de Belge. C’est ce qui fait que j’arrive toujours à l’avance à l’agence. Que j’ai toujours sur moi un carnet de notes rempli d’idées parfois bonnes, parfois atroces. Que je suis sincèrement ému devant de grandes idées. C’est aussi ce qui fait que je suis de mauvaise humeur quand je vois des pubs de merde. Que je ne peux accepter la médiocrité et les recettes éprouvées. C’est un métier pour passionnés.

Mais si l'on se rencontre à l’école de ma fille, je vous répondrai: je travaille en pub. Avec un air un peu blasé. Je ne sais pas pourquoi ça sort toujours comme ça. Peut-être parce que, dans le fond, je suis un peu gêné d’avoir autant de plaisir dans ma job. Une job, c’est censé être un peu chiant. 

Ce que je n’ai jamais dit à personne:
J’ai une réelle phobie des cubicules.

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