La référence des professionnels
des communications et du design
Dossier
Concours Grafika 2015: le meilleur du design

SDGQ: passation du flambeau

Après dix années passées au sein du conseil d'administration de la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ), Philippe Lamarre quitte ses fonctions de président. Dans cette tribune, il revient sur ses aspirations d'hier et d'aujourd'hui. 

philippe lamarre 

président, société des designers graphiques du québec

Au début des années 2000, les blogues américains DesignObserver et SpeakUp étaient devenus des destinations où les designers graphiques discutaient avec passion et verve de sujets qui les concernaient. Je me disais alors qu’une telle effervescence et l’esprit de communauté qui s’en dégageait devaient exister ici. C’est la raison pour laquelle, il y a un peu plus de 10 ans, j’ai joint le conseil d’administration de la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ) avec en tête un objectif bien précis: créer un espace virtuel où les designers québécois pourraient échanger et débattre en français des enjeux qui les touchent de près. Nous avons alors lancé le site OEilpouroeil.ca et celui-ci est vite devenu très populaire. Grâce, entre autres, à la collaboration d’un petit noyau de passionnés, il attirait son lot de lecteurs et de commentateurs, et de nombreux échanges s’y tenaient quotidiennement. C’était franchement agréable de prendre le pouls de ce qui faisait battre le cœur des designers d’ici.

«Le rôle de la SDGQ: susciter les discussions et générer un sentiment d'appartenance à une communauté.»

Pour moi, c’était ça, le rôle de la SDGQ: susciter les discussions et, par le fait même, générer de créer un sentiment d’appartenance à une communauté. Cela a duré quelques années et à mesure que les réseaux sociaux se sont implantés dans nos vies, les débats se sont déplacés des blogues vers Facebook. Le phénomène n’était pas propre à nous, car DesignObserver et SpeakUp se sont essoufflés au même moment. Notre association a alors pris la difficile décision de suspendre les activités d’ŒILpourœil et de consacrer ses énergies à des projets plus pérennes.

l’événement 13 Gourous & moi, organisé par la SDGQ pour donner la chance à la relève de présenter leur portfolio à des directeurs de création et designers.

C’est dans cette optique que nous avons mis en place le prix Lorne C. Perry (remis au client de l’année); les soirées Gourous, où des jeunes présentent leur portfolio à des directeurs artistiques chevronnés; le titre de Designer graphique agréé (D.G.A.) et, plus récemment, la bourse Marc H. Choko. Je pourrais jouer au marketeux et dresser un bilan tout rose de mon passage à la SDGQ, mais je préfère être honnête et avouer que je pars avec le sentiment du devoir à moitié accompli. Je suis mitigé, parce que j’ai investi beaucoup d’énergie et surtout de temps à essayer de rameuter les designers graphiques autour de valeurs communes et de projets mobilisateurs, mais je n’ai pas encore l’impression d’avoir créé la communauté forte et engagée que je voyais au départ.

«Mon successeur saura fédérer les forces vives du design graphique afin que notre vocation obtienne la vocation qu'elle mérite.»

Je crois profondément à l’importance du design graphique, à son pouvoir, à sa capacité d’être un outil pour rendre la communication plus performante, mais à mon sens, c’est plus que ça. C’est une langue en soi. Je vois la SDGQ comme l’endroit où, malgré nos approches multiples, nous travaillons autour de ce qui nous unit, où l’on fait entendre notre voix et où l’on construit ensemble une cohésion professionnelle, qui fait en sorte que notre langue commune – le design graphique – soit davantage entendue et valorisée au sein de la société. Le temps est venu pour moi de passer le flambeau. Je le transmets bien haut à Benoit Giguère, mon successeur. Son parcours d’évangéliste du design au sein du quotidien La Presse me porte à croire qu’il saura fédérer les forces vives du design graphique afin que notre vocation obtienne la reconnaissance qu’elle mérite.

comments powered by Disqus