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Dossier
La ville intelligente en cinq entreprises émergentes

Sensequake: pour des structures en santé

Pour Farshad Mirshafiei, cofondateur de Sensequake, une ville intelligente est une ville plus sécuritaire, plus prévoyante: «Il faut connaître l’état des structures pour bien connaître l’état de la ville».

Qu'est-ce que Sensequake?
Étudiant en génie à l'Université McGill, Farshad Mirshafiei se spécialisait dans les tremblements de terre. Il a alors constaté que les bâtiments montréalais n'étaient pas préparés à d’éventuelles secousses. Qui plus est, les systèmes existants pour évaluer la résistance d’une structure à un tremblement étaient complexes et coûteux. Il a alors eu l’idée de produire une plateforme pouvant fournir une évaluation exacte et rapide des bâtiments. Il a donc fondé Sensequake avec Mehrdad Mirshafiei.

«J’ai VU le potentiel de ma technologie durant une conférence, alors que des participants m’ont encouragé à la commercialiser.»

Essentiellement, des senseurs sont posés sur un édifice et en captent les vibrations en une journée. Ensuite, un logiciel génère des algorithmes utilisés afin d’analyser lesdites vibrations en une semaine. Ainsi, Sensequake peut prédire comment une structure réagira lors d’un tremblement de terre: si elle sera sécuritaire ou endommagée.

Pourquoi cette technologie?

Selon Farshad Mirshafiei, il est faux de croire que le Québec n’est pas susceptible de vivre des tremblements de terre. «Montréal est la seconde ville au Canada où les risques sont les plus élevés. Et contrairement à la Californie et au Japon, nous ne sommes aucunement préparés.»

Pourtant, être préparé est nécessaire sur les plans sécuritaires et économiques. Farshad Mirshafiei explique que, «pour savoir où envoyer les citoyens lors d’un tremblement de terre, il faut savoir quels bâtiments sont sécuritaires. On doit donc, au minimum, connaître l’état des hôpitaux et des écoles, puis être à jour dans les travaux demandés.»

Du côté économique, il est estimé que les dommages s’élèveraient à 60 millions$ s’il se produisait un gros tremblement de terre à Montréal, selon Farshad Mirshafiei. Ce dernier rappelle celui de Los Angeles en 1994 et qui avait poussé les assureurs au bord de la faillite. «En matière de coûts, mieux vaut prévenir que guérir», explique l’ingénieur.

«En MATIÈRe de coûts, mieux vaut prévenir que guérir.»

Enfin, cette technologie peut être pertinente pour d’autres contextes. «Ce que les senseurs analysent, c’est l’équivalent de l’ADN d’une structure. Analyser sa façon d’évoluer en refaisant les tests au cours des années ou en laissant les senseurs plus longtemps pourrait donc permettre de découvrir des problèmes futurs d’un pont, d’un bâtiment, d’un viaduc, pendant sa construction ou après. On peut mesurer les symptômes, comme chez le médecin.» Et ces analyses, Sensequake s’assure qu’elles soient livrées dans le langage des ingénieurs. Le processus leur sera nouveau, mais ils pourront en comprendre les résultats.

Farshad Mirshafiei croit donc que sa technologie peut intéresser les marchés des institutions municipales, des firmes d’ingénieurs et des assureurs.

Devenir un entrepreneur
Farshad Mirshafiei n’est pas un entrepreneur né. C’est un ingénieur qui a développé une méthodologie innovante durant son doctorat à McGill. «J’ai seulement vu tout le potentiel de ma technologie durant une conférence dans le milieu scolaire, alors que des participants m’ont encouragé à la breveter et la commercialiser.»

Mais selon Farshad Mirshafiei, être entrepreneur, ça s’apprend. «McGill m’a beaucoup aidé. Mais j’ai aussi lu beaucoup. Je connaissais tout sur les bâtiments, les senseurs et les tremblements de terre. Maintenant, je sais plusieurs choses sur l’entrepreneuriat. C’est tout un processus, mais c’est possible!»

«Dans un AVENIR à court terme, toutes les structures passeront par le test des senseurs de Sensequake.»

En déclarant que, «dans un avenir à court terme, toutes les structures passeront par le test des senseurs de Sensequake», Farshad Mirshafiei prouve effectivement que la vision entrepreneuriale, ça s’apprend.

En couverture: Farshad Mirshafiei et Mehrdad Mirshafiei.

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