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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Raphaël Ouellet: douter pour faire mieux

Le photographe et réalisateur est âgé de 26 ans.

Raphaël Ouellet est originaire de Rimouski, mais oeuvre à Montréal. En publicité, il a notamment travaillé auprès de marques telles que Desjardins, la Banque Nationale, Bell et HBO. Au chapitre des magazines, des publications comme Nylon, Paper Magazine, Billboard, Neon et Urbania ont mis ses talents à contribution.

Prolifique, il a remporté une cinquantaine de prix un peu partout dans le monde, notamment auprès d'institutions aussi prestigieuses que Communication Arts et American Photography. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier?
Peut-être mon portrait de Claude Robinson pour l'honnêteté du processus. Et pour l'homme.

On travaille tellement fort pour tant de projets qu'il est parfois difficile de savoir s'il y a eu une réelle portée.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
C'est une belle reconnaissance! On travaille tellement fort pour tant de projets qu'il est parfois difficile de savoir s'il y a eu une réelle portée. Je crois qu'Infopresse est un bon indicateur!

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Il y a bien sûr eu plusieurs phases, mais je me souviens particulièrement de l'époque où la perspective de conduire les camions qui ramassent les bacs à ordures avec de grosses pinces me semblait l'option la plus amusante.

Je n'ai jamais vraiment vu mon choix de carrière comme une décision, mais plutôt une série de facteurs de chance qui ont fait que j'arrive à en vivre aujourd'hui.

Qu'est-ce qui vous a décidé à faire ce que vous faites aujourd'hui?
Un ensemble de facteurs. Je n'ai jamais vraiment vu mon choix de carrière comme une décision, mais plutôt une série de facteurs de chance qui ont fait que j'arrive à en vivre aujourd'hui. Aussi, la perspective de réaliser un travail que je n'aime pas résonne tellement fort chez moi que je ne me suis jamais donné l'option d'échouer. Pas que j'aie «réussi», mais je n'ai pas encore abdiqué!

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
S'assurer une pérennité. C'est facile de réussir une grosse percée, mais de continuer de rester attrayant pour les directeurs artistiques et les acheteurs d'arts d'année en année, c'est le défi.

Ensuite, c'est de se donner les moyens de bien faire les choses. Toujours rester insatisfait de son travail et se donner les ressources pour faire toujours mieux.

J'aimerais être capable de joindre la qualité d'exécution et le succès auprès d'un public plus large. 

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses? 
J'aimerais être capable de joindre la qualité d'exécution et le succès auprès d'un public plus large. Trop souvent, l'on sacrifie la qualité de notre travail pour des considérations commerciales. J'aimerais être vu comme un de ceux amenant une proposition forte et singulière au plus grand nombre de personnes. J'aimerais aussi être un de ceux qui donnent une visibilité à certains groupes qui n'en obtiennent pas suffisamment. Avoir une pratique plus inclusive et représentative du monde dans lequel on vit.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
Quelqu'un qui a abandonné et qui se contente de ce qu'il a.

Qui est votre plus grand modèle ou mentor?
Une énorme quantité de personnes de tous les horizons! Autant des photographes qui m'inspirent que des cinéastes qui rêvent du plus grand. Les photographes que j'ai assistés et qui m'ont tous appris des pans très importants de ma carrière! Richard Bernardin et Martin Tremblay en tête. Ma blonde Émilie, qui me force à réfléchir, et mes amis Sarah Pellerin et Charles Grenier. Sans eux, je ne ferais pas de cinéma, je serais plus idiot, moins curieux, et mon travail ne serait pas l'ombre de ce qu'il est ou sera. Jessica Lee Gagné, pour son éthique de travail et la qualité de ses images. Mon frère pour tout le chemin qu'il a parcouru.

Enfin, c'est cliché à dire, mais mes concurrents, pour plusieurs raisons différentes. Toutefois, rien ne motive plus à faire mieux que de me sentir menacé, et il existe tellement de bons photographes qu'il n'y a pas une journée sans que je me dise «Il faut absolument que je fasse quelque chose pour faire mieux».

Ma devise? Ça pourrait être vaguement résumé par la très clichée, mais savoureuse Just do it!

Quelle est votre devise?
Je suis tombé sur une conférence un jour et ces phrases ont particulièrement résonné chez moi: If not now, when? If not me, who?. Une autre vient d'un film de Paul Thomas Anderson, où un personnage dit: We fought against the day and we won! Ça pourrait être vaguement résumé par la très clichée, mais savoureuse Just do it!

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
Dur à dire. Peut-être l'écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre. Encore une fois très cliché, mais je fumerais une cigarette ou deux à ses côtés sans dire un mot. Je me lèverais, lui dirais merci, lui souhaiterais bonne nuit et repartirais sans jamais qu'il puisse mesurer son influence sur ma vie. 

Quel projet vous rend mort de jalousie?
Tous les projets que je n'ai pas exécutés. Presque sans exception. 

Quelle est votre plus grande déception?
Ne pas être meilleur que je ne le suis et d'avoir peur de tout.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
Je règle des problèmes 100% du temps. Pour le reste, je fais de la photo où je tourne des projets.

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