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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Marion-Isabelle Muszynski: travailler pour simplifier

La designer d'expérience utilisateur de W.illi.am/ est âgée de 29 ans.

Dotée d’un leadership intuitif et forte de son expérience auprès de marques comme Dailymotion et Publicis, Marion-Isabelle Muszynski est reconnue pour améliorer les processus et approches de travail afin qu’ils deviennent plus inclusifs et plus cohérents. Elle conçoit des interfaces pour leur utilisation en focalisant sur la valeur ajoutée. Sa vision a permis à W.illi.am/ de développer une nouvelle méthodologie de recherche et de design UX dans le cadre de projets de refonte numérique de marques québécoises et internationales.

Son travail a été récompensé par plusieurs prix ici et aux États-Unis (Boomerang, Strat, IBA Steevie, LERN). 

Quelle est la réalisation dont vous êtes la plus fière?
Me lever le matin avec le sourire. Si vous vouliez une réalisation professionnelle, je vous parlerais de la refonte de Brunet.ca, il y a cinq ans. À l’époque, notre mission était d'implanter une plateforme de suivi de santé personnalisée et mettant en relation pharmaciens, patients et centres de soins. Cela a nécessité des heures et des heures de recherche. 

En ce moment, je travaille à une autre plateforme globale, très différente, pour Ivanhoé Cambridge, avec une rare latitude de recherche et d’innovation, et une confiance mutuelle. J’en ressors avec beaucoup de fierté.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
Un beau symbole de mon intégration au Québec! 

Que voulez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Travailler à La Poste (équivalent de Postes Canada). Mon père travaillait en logistique. C'était un entrepreneur qui ne comptait pas ses heures, donc que je ne voyais pas beaucoup. Une chose qu’il faisait machinalement tous les jours: passer relever la boîte postale de sa société. J’avais donc imaginé, à cinq ou six ans, le stratagème de travailler à La Poste pour le voir plus souvent...

Qu'est-ce qui vous a décidée à faire ce que vous faites aujourd'hui?
Simplifier la vie des gens, apporter un je-ne-sais-quoi d’agréable, même si c’est transparent pour eux dans leur journée. Les 10 secondes gaspillées autant de fois à essayer de réussir un transfert bancaire, faire fonctionner un four à convection ou pester contre le commis qui met trop de temps à nous servir juste parce que son système fonctionne mal, c’est de l'irritation inutile qu’on peut éviter. 

Le défi, c’est de rester au courant, de rester zen et aussi de rester, tout simplement! 

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
Plus que de «travailler dans», l'on vit dans une industrie qui avance à 300 à l’heure. Cascade continuelle d’information, inspirations, besoins, requêtes..., c’est facile de tomber dans une mauvaise spirale et d’oublier pourquoi on fait ce qu’on fait, de perdre la flamme. Mon métier consiste en (grande) partie à trouver des problèmes et à les résoudre. C’est passionnant, mais parfois épuisant. Le défi, c’est de rester au courant, de rester zen et aussi de rester, tout simplement! 

La transparence et la compréhension pour la meilleure collaboration, c’est mon cheval de bataille.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?
Tout part de la compréhension. Et celle-ci naît de l’éducation. Mon métier n’est pas simple à comprendre, on a tendance à le cantonner à du «gros bon sens». C’est aussi notre rôle que d’expliquer, de décortiquer ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. J’aime décloisonner, prendre du temps et expliquer le pourquoi du comment, surtout à nos clients. La transparence et la compréhension pour la meilleure collaboration, c’est mon cheval de bataille.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
Première ministre ou pape. Je laisse les autres portes ouvertes.

Je suis allumée par des parcours et des personnalités comme ceux de Nathalie Fagnan, Jean-Jacques Stréliski et Lauren Crampsie

Qui est votre plus grand modèle ou mentor?
Je n'ai pas de mentor à proprement dit, mais je suis allumée par des parcours et des personnalités comme ceux de Nathalie Fagnan, Jean-Jacques Stréliski et Lauren Crampsie. J'ai eu la chance de travailler avec les deux premiers, j’espère travailler avec la troisième un jour.

Quelle est votre devise?
«Tomber sept fois, se relever huit», un proverbe japonais.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
J'ai récemment lu Mémoires d'un lion, de Marcel Bleustein-Blanchet. Il y dit en introduction: «La jeunesse ma toujours fasciné. [...] Aujourd’hui encore, malgré mon âge, ou à cause de lui, il me semble que je suis lié aux jeunes par une étrange complicité, que je les comprends et qu’ils me comprennent, par-dessus l’abîme des années. C’est à eux que je dédie ce livre.» J’aurais eu envie de passer des heures avec lui, parler de jeunesse, d’innovation et de conception centrée utilisateur. Que penserait-il de notre réalité hyperconnectée?

Mais pas en tête-à-tête. Au comptoir, car ce serait moins strict, moins procédurier.

Quel projet vous rend morte de jalousie?
«Morte de jalousie», ce n'est pas mon genre. J'adorerais par contre travailler dans le transport aérien. Je suis passionnée pour les aéroports et les voyages en avion.

Quelle est votre plus grande déception?
Je n'ai jamais pris le Concorde. 

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
J’utilise souvent la comparaison de ce que peut être l'architecte dans la construction. Penser un espace pour le rendre pratique, agréable, composer avec des besoins et des contraintes, suivre la conception, etc. Comme je l’ai dit précédemment: trouver des problèmes et les résoudre. Et ce qui suit, c’est souvent «D’ailleurs, j’ai un problème avec mon ordinateur/iPad/téléphone...».

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