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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Gabrielle Madé: femme d'ambition

La chef, analyse et développement numérique, d'Attraction Images est âgée 28 ans.

Gabrielle Madé occupe son poste actuel depuis l’été dernier. Elle fait partie de l’équipe ayant mis sur pied Le Slingshot, un studio de création et de représentation pour YouTubers. Précédemment, elle a été analyste, veille stratégique, du Fonds des médias du Canada pendant deux ans et demi, où elle a entre autres contribué à la mise sur pied du blogue FMC Veille.

Elle détient un baccalauréat en communications (programme stratégies de production) de l’Uqam, ainsi qu’une maîtrise en communications (profil médias) de l’Université d’Ottawa. Depuis 2013, elle participe à la programmation de la compétition internationale de webséries du Festival Tous Écrans de Genève, en plus de siéger depuis cette année au comité consultatif de l'événement Buffer Festival de Toronto, consacré à la création vidéo sur YouTube. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière? 
J’ai fait partie de l’équipe qui a amené Creative Mornings à Montréal, et je pense qu’on en a fait quelque chose d’assez chouette. J’ai tenu la direction de l’expérience pendant 25 éditions d’affilée (c’est-à-dire 25 mois de suite!) et j’ai franchement eu du plaisir à réinventer, de mois en mois, ce que peut être l’expérience d’assister à un événement. Le jour où l'on a su que nous étions désormais la deuxième section au monde en importance (sur plus de 100 villes, derrière la division fondatrice de New York), j’étais plutôt fière. 

Que représente pour vous une mention à ce palmarès? 
Une dose d’énergie supplémentaire pour continuer de travailler fort, d'avancer, de pousser mes projets encore plus. Ça donne un peu le même effet que quand le personnage de jeu Mario accède à une étoile qui le rend invincible pendant un petit moment. 

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant? 
Petite, je rêvais d’être lectrice de nouvelles au Téléjournal à Radio-Canada. Peut-être un peu (beaucoup?) pour côtoyer Bernard Derome en fait. 

Je suis très attirée par tout ce qui n’a pas été fait avant et tout ce que je n’ai pas déjà fait avant.

Qu'est-ce qui vous a décidée à faire ce que vous faites aujourd'hui?
Je suis très attirée par tout ce qui n’a pas été fait avant et tout ce que je n’ai pas déjà fait avant. On m’a donné l’occasion de participer à monter un projet sans comparable au Québec, dans un domaine qui me passionne (YouTube et la culture web). J’ai répondu oui sans hésiter! 

J'occupe aujourd’hui un emploi qui n’existait pas au Québec l’an dernier. Et je suis convaincue que mon prochain n’existe pas encore. 

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui? 
Une de mes phrases préférées décrit bien notre époque: «Aujourd’hui, tout change, même le changement.» Dans le contexte actuel, à peu près tout est imprévisible. Le plus grand défi d’un professionnel des communications maintenant, c’est d’être prêt à s’adapter constamment. J'occupe aujourd’hui un emploi qui n’existait pas au Québec l’an dernier. Et je suis convaincue que mon prochain n’existe pas encore. 

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses? 
J’ai envie que les jeunes femmes soient plus ambitieuses. Qu’elles osent non seulement s’intéresser aux domaines numérique ou technologique, mais s’y imposer comme des expertes et des défricheuses. Qu’elles osent négocier leurs salaires aussi, puis exprimer fièrement leurs ambitions. J’essaie d’être une de ces jeunes femmes. 

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans? 
Quelle bonne question! Je me permets de la détourner un peu: ce que j’espère ne pas être dans 10 ans, c’est d’être blasée. Les gens blasés accomplissent rarement de grandes choses; on peut dire tout le contraire de ceux qui restent curieux, allumés, qui conservent une certaine naïveté informée. 

J’ai envie que les jeunes femmes soient plus ambitieuses.

Qui est votre plus grand modèle ou mentor? 
Les grandes dirigeantes de la Silicon Valley m’inspirent; Sheryl Sandberg (chef des opérations de Facebook) et Susan Wojcicki (PDG de YouTube) entre autres. Ces femmes ont à s’imposer tous les jours comme chefs de file, dans un monde typiquement masculin. 

Quelle est votre devise? 
«We are the ones we’ve been waiting for. We are the change that we seek.» - Barack Obama

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui? 
J’ai droit de nommer un personnage fictif? J’aimerais un tête-à-tête avec Claire Underwood, de House of Cards

Quel projet vous rend morte de jalousie? 
La jalousie n’est pas un sentiment que j’éprouve. J’ai de l’admiration pour bien des gens, mais pas d’envie ou de jalousie. 

Quelle est votre plus grande déception? 
J’y ai pensé pendant plusieurs jours, mais je ne trouve pas. 

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère? 
Ma mère comprend plutôt bien ce que je fais! Ça fait assez longtemps que je lui parle des transformations du monde des médias pour qu’elle comprenne assez bien les différents projets pour lesquels je travaille. Ces temps-ci, elle m’appelle pour me demander «Comment vont tes YouTubers?» Je trouve ça cute chaque fois!

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