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Dossier
30/30 Infopresse: qui sont les leaders de demain?

Benjamin Lussier: faiseur d'images

Le réalisateur est âgé de 30 ans.

Benjamin Lussier est réalisateur de vidéoclips, de courts-métrages et de messages publicitaires. À 17 ans, il est arrivé en publicité en tant qu’artiste en effets visuels numériques.

Il a travaillé pour plus de 100 projets publicitaires ainsi que des spectacles tels que Love du Cirque du Soleil à Vegas, Criss Angel, Taylor Swift et Justin Timberlake. En 2009, il a fait le saut en réalisation avec Jet Films, où on lui doit entre autres des campagnes d’image de la Banque Nationale, Laroche-Posay et Pfizer.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier?
Mon projet de court-métrage Pool, qui doit sortir prochainement. Une production que Jet Films a réalisée avec moi. C’était un beau «trip» d’équipe. On a fait de la magie avec peu. On a réussi à obtenir 24 lieux de tournage, à tourner en plusieurs blocs – tout le monde y a cru et a embarqué. J’étais ému de voir cette énergie autour de moi. 

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?
Ça fait toujours plaisir de voir son travail remarqué. Qu'il a un impact hors de soi. Aussi grand ou petit soit-il. Ça donne raison à ma décision de passer à la réalisation après les effets spéciaux. Six ans plus tard, j’y suis. 
 
Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?
Faire des films. La notion de «réalisateur» m’était étrangère, mais ma première expérience au cinéma, à trois ans, m’a profondément marqué. Je m’en souviens… J’ai eu une phase «archéologue» lorsque Jurassic Park est sorti, mais ça a passé lorsque j’ai compris que de me faire poursuivre par des dinosaures dans la jungle n’allait pas faire partie de l’aventure.

On se rend vite compte que nous ne sommes pas si différents les uns des autres… et il y a quelque chose de beau là-dedans à explorer.

Qu'est-ce qui vous a décidé à faire ce que vous faites aujourd'hui?​ 
Un désir de communiquer; de tenter de mettre en images et en son les aspects de l’expérience humaine qui m’allument personnellement. La notion de partage est très présente. C’est très personnel, mais on se rend vite compte que nous ne sommes pas si différents les uns des autres… et il y a quelque chose de beau là-dedans à explorer.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?
Se démarquer. La démocratisation amenée par internet est merveilleuse, mais elle crée beaucoup de bruit. Il a y un gros travail à accomplir pour passer au travers ce bruit et se faire entendre. C’est l’essence de mon travail. 
 
Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?
Comme réalisateur en publicité, notre travail est très étroit avec les créatifs. On devient des alliés. On doit ensemble pousser plus loin, oser plus. Il faut parfois prendre des risques pour frapper fort en pub. Ça a quelque chose d’excitant. Ça devient une aventure. Cette envie de pousser plus loin, c’est évident qu’on la partage. À ma façon, j’aimerais participer à l’avancement de la cause; que la pub au Québec chemine en ce sens. Que tout devienne un peu plus effervescent. On a la créativité dans nos gênes, on peut prendre notre place sur la scène internationale et c’est ce que j’ai eu la chance de voir à Cannes cette année. 
 
Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?
Désabusé. Je dois croire à ce que je fais pour bien le faire. Le jour où je sentirai que la plupart de mes choix créatifs proviennent d’un automatisme plus que d’un raisonnement, ça sera le temps pour de nouveaux défis.
 
Qui est votre plus grand modèle ou mentor?
J’aime beaucoup le réalisateur Ang Lee. Tout ce que ces films ont en commun, c’est une rigueur dans l’exécution et une superbe sensibilité. Son style est très polyvalent, mais possède en même temps une signature propre.  

Où il y a de l’ego, il n'y a pas de plaisir.

Quelle est votre devise?
Où il y a de l’ego, il n'y a pas de plaisir. C’est quelque chose que je me répète souvent.
 
En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?
J’ai envie de dire l'artiste travesti RuPaul Charles. C’est une personnalité publique que j’adore. Quelqu’un de super allumé et effervescent. Qui aime jouer. Qui aime les couleurs. Il est un peu «punk-rock» à sa façon.

Quel projet vous rend mort de jalousie?
La pub Raccroche de Loto-Québec. Ça date, mais c’est vraiment mon genre d’humour. C’est juste assez champ gauche. Je n’ai pas vu beaucoup de pubs de ce genre depuis. C’est un bel exemple d’un message qui a pris un certain risque et rendu une expression célèbre. 
 
Quelle est votre plus grande déception?
Avoir su que je serais aussi passionné par la réalisation, j’aurais dû avoir le courage de faire le saut bien avant. Les effets spéciaux ont été une porte d’entrée qui me sert encore aujourd’hui, mais je préfère de loin les acteurs aux fonds verts. 
 
Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?
Ma mère comprend assez bien mon domaine. C’est une artiste, c’est une prof de musique. Elle a visité plusieurs plateaux, car elle aime apprendre. C’est une curieuse. Je peux presque jaser avec elle de mon prochain scénario de court-métrage et elle comprend. 

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