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Dossier
Stressés, les travailleurs des communications?

18-29 ans: carburer à l'avancement

Portrait-robot des 18-29 ans de l'industrie - commenté par 
Julie Carbone, stratège média de PHD Montréal.

Elle a de 18 à 29 ans et travaille dans les communications. Elle consacre chaque semaine 41,7 heures à son boulot. Si son horaire est chargé et qu’elle voue plus de temps à sa vie professionnelle depuis deux ans, elle travaille toutefois un peu moins que ses collègues plus âgés.

La somme de travail et l’ambiance au bureau constituent pour elle des sources de tension importantes.

Pourtant, elle prend son boulot au sérieux: la somme de travail et l’ambiance au bureau constituent pour elle des sources de tension importantes. Parmi ses amis œuvrant dans le même milieu, quatre sur cinq identifient ces deux facteurs comme leur principale cause de stress.

Pourtant, elle n’est pas très encline à changer de domaine. On lui a proposé récemment un emploi dans un milieu tout autre, qu’elle a refusé, comme l’auraient fait les trois quarts de ses amis. Malgré le stress qu’il lui occasionne, elle éprouve face à son travail un grand sentiment de sécurité. Et lorsqu’elle a accepté son boulot actuel, son premier critère était la possibilité de se perfectionner dans son domaine – alors pourquoi faire le saut ailleurs?

Par ailleurs, elle ne cherche pas spontanément à consulter un professionnel, que ce soit pour des problèmes personnels, liés au travail ou à la famille, bien qu’elle soit plus ouverte à l’idée que ses collègues masculins du même âge. Et si elle devait le faire, ce serait pour des problèmes personnels qu’elle chercherait à régler en priorité… à son âge, elle n’a pas encore subi de burn-out… 

 

julie carbone

stratège média de PHD Montréal

Je ne suis aucunement surprise par les résultats. "La quantité de stress vécu au travail est aussi élevé que la satisfaction retirée": ça me semble juste. Plusieurs facteurs stimulent le stress et tout dépendamment de l’âge, ils varient.

Surtout en début de carrière, le niveau de stress est très élevé. On habite presque au bureau, parce qu’on accepte des demandes spontanées, parce que nous sommes moins habitués aux sommes de travail trop élevées. Tel qu’illustré dans le portrait ci-dessus, les deux facteurs qui contribuent principalement au stress sont la somme de travail et l’ambiance au bureau. Mais n’avons-nous pas nous-mêmes créé une dépendance à l’adrénaline qui nourrit le stress? Je crois que oui.

À notre âge, on est trop jeune pour être «confortable».

Paradoxalement, nous sommes donc devenus dépendants à l’adrénaline de l’emploi, et cette pression qui nourrit notre stress semble faire de nous des "faiseurs de miracles". Je me reconnais dans ce portrait, car je crois qu’à notre âge, on est trop jeune pour être "confortable", on veut constamment se perfectionner, apprendre vite et se mettre de la pression afin de livrer le produit de notre vie! Tous ces facteurs à mon avis contribuent à un stress et à une satisfaction d’autant plus élevée.

Comme dirait Leonard Bernstein, «To achieve great things, two things are needed: a plan and not quite enough time.» 

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