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Portraits: cinq professionnels de l'industrie vus par la relève

Benoit Cartier: faire des vagues dans un bocal

Pour Benoit Cartier, il n’y a pas de limites à l’océan créatif. L’homme derrière la petite mais imposante agence Cartier sait dérouter dès les premiers contacts. Telles que commence bon nombre d’histoires à succès, c’est par un hasard de circonstances et dans une mer de possibilités, qu’il aura trouvé son chemin.

Par Catherine CLOUTIER

benoit cartier

président de cartier

«À l’époque, je planifiais faire le tour du monde en voilier avec ma conjointe et y élever notre famille, mais finalement le vent a tourné. Cette séparation m’a obligé à ramer plus fort pour peu à peu gagner du terrain professionnellement.» C’est ainsi que malgré les vagues, Benoit Cartier réussit à accoster en publicité en décrochant son premier gros client: l’agence métropolitaine de transport. Avec conviction, il raconte son histoire: celle d’un homme qui n’avait pas même envisagé la communication comme alternative, mais qui, au fil des expériences, a réussi à tracer son nom sur l’immense plage de la publicité montréalaise. 

Informé, inventif et rigoureux décrivent bien le grand homme derrière Cartier. Son titre de directeur général d’un bocal de publicité ne lui monte cependant pas à la tête. Si pour Benoit Cartier il est chose courante de vendre du bonheur avec Club Med par exemple, le défi est plus déroutant lorsqu’il s’agit de proposer un changement de comportement. En carrière, le projet dont il demeure le plus fier est cette campagne de sensibilisation sur la maltraitance des ainés qu’il a menée main dans la main avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. S’il a dû faire mer et monde pour convaincre Yvon Deschamps à en être le porte-parole, c’est avec succès que ce message demeure bien ancré dans notre mémoire.

«Pour moi, c’est important de rester soi-même et de ne pas trop se prendre au sérieux.» 

Selon lui, la taille de la boite ne limite en rien une vision plus grande que nature. C’est d’ailleurs dans un véritable aquarium géant que l’on a l’impression d’entrer lorsque l’on franchit les murs de vitre de son entreprise. «Pour moi, c’est important de rester soi-même et de ne pas trop se prendre au sérieux. Je suis quelqu’un qui aime jouer et faire rire les gens. C’est d’ailleurs sous cette optique que nous avons décidé de concevoir notre nouvel espace.»  Chez Cartier, rien n’est conventionnel et même la cuisine est digne d’un parc d’amusement. Après tout, la créativité se doit d’être nourrie et il faut parfois faire le point autour d’une table de babyfoot afin de se pratiquer à marquer des buts.

Cette logique, c’est celle d’un homme qui a appris à se battre contre de gros joueurs, mais qui, malgré tout, garde le cœur jeune. «La jeunesse c’est l’essence de mon entreprise. Je n’hésite pas à m’entourer de jeunes professionnels et les mettre au front, hors de leur zone de confort afin de les stimuler. L’âge ou le nombre de diplômes ne détermine en rien l’intelligence créative, je suis moi-même la preuve que c’est avec de la volonté et de la détermination que l’on se démarque des autres.»

À mes yeux, ce qu’il y a de beau dans ce métier, c’est de toucher à tout et ainsi surprendre davantage.

En créant Cartier, ce qu’il voulait c’est devenir la plus grande agence publicitaire gouvernementale, rien de moins. Au fil du temps, le vent souffle pour lui et il devient un des leader dans ce domaine. Par contre, pour envisager de nouvelles avenues publicitaires, il faudra redoubler d’effort. «Les gens sentent la nécessité d’apposer des étiquettes sur tout et il est difficile de s’en faire apposer de nouvelles. Se spécialiser n’est cependant pas synonyme d’innovation. À mes yeux, ce qu’il y a de beau dans ce métier, c’est de toucher à tout et ainsi surprendre davantage.»

Benoit Cartier sait comment faire des vagues, mais c’est avec la puissance d’un tsunami qu’il partage toute la beauté derrière un métier accompli avec passion. Une multitude de gouttelettes fortuites l’auront guidé, grâce à sa sensibilité à son environnement, vers une vague bien définie sur laquelle il lui est apparu simplement logique de surfer.

Catherine Cloutier est étudiante en première année du baccalauréat en communication-marketing de l’Uqam. Ce texte a été réalisé dans le cadre du cours de Johanie Bernard.

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