La référence des professionnels
des communications et du design

Augmentation du salaire minimum, les travaux routiers nuisent aux PME: l'actualité économique en rattrapage

Le salaire minimum passe à 12$/l'heure, les PME affectées par les travaux routiers, et Marché Goodfood étant ses activités dans l'Ouest canadien: voici les principales nouvelles économiques de la dernière semaine.

Le salaire minimum passe à 12$ 

Le salaire minimum au Québec a bondi de 11,25$ à 12$/l’heure, le 1er mai dernier. Ces 75¢ supplémentaires versés aux 352 900 travailleurs qui touchent actuellement le salaire minimum représentent une hausse de 6,7%, soit presque trois fois plus élevée que l’inflation, et la plus importante depuis 1997. Le Québec passera ainsi au quatrième rang à ce chapitre parmi les provinces le mois prochain, dépassé par l’Ontario (14$), l’Alberta (13,60$) et la Colombie-Britannique, qui verra son salaire minimum augmenter à 12,65$, le 1er juin. 

Jacques Létourneau, président de la CSN, soutient que «pour avoir un revenu décent en 2018, il faut plus que 12$/l'heure», rappelant au passage, que «ce sont majoritairement des femmes qui gagnent le salaire minimum, des gens qui vivent énormément de précarité, et que malgré ce que les employeurs prétendent, une augmentation n'a généralement peu ou pas d'impact sur la situation des entreprises». 

Martine Hébert, économiste et vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, prévient cependant que «des hausses rapides et importantes du salaire minimum causent une pression plus grande sur les petites entreprises, qui doivent préserver l’équité et l’ancienneté sur l’ensemble des salariés». Environ 73% des entreprises comptent moins de 10 employés au Québec, et la moitié en ont moins que cinq. Selon elle, une réduction des charges fiscales constituerait une mesure plus optimale pour lutter contre la pauvreté.

Les entreprises québécoises affectées par les travaux routiers

Selon une enquête réalisée par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), l'abondance de travaux routiers actuels au Québec aurait eu des impacts «majeurs» sur les entreprises. Les membres de la FCEI ont affirmé à 41%, avoir subi «l’impact des travaux de construction de 2012 à 2017», et pour 5% des petites et moyennes entreprises (PME) sondées, les travaux leur ont fortement nui. Cette réalité touche environ 65 000 PME au Canada, qui ont souvent dû effectuer des emprunts, déménager ou carrément fermer en raison de l’impact négatif majeur des travaux d’infrastructure sur leurs activités.

Ainsi, 64% affirment avoir été perturbées par la circulation, la poussière, les débris ou le bruit; 63% ont vu leur clientèle éprouver de la difficulté à se stationner ou accéder à l’entreprise; 46% ont perdu des ventes; 21% ont dû puiser dans leurs économies personnelles ou d’entreprise; 7% ont même songé à fermer ou à déménager. 

Bien que les travaux routiers soient un mal nécessaire, la FCEI estime que des solutions existent pour en atténuer les impacts sur ces entreprises. Des programmes d’indemnisation municipaux pour les travaux qui nuisent moyennement ou fortement sur une période prolongée, une planification stratégique des travaux avec le principe de ne creuser qu’une seule fois en privilégiant le moment le plus opportun ou la désignation d’un agent de liaison auprès des entreprises pour chaque projet figurent parmi les solutions proposées par la FCEI. 

Marché Goodfood étant ses activités

L'entreprise montréalaise Marché Goodfood, service de paniers-repas prêt-à-cuisiner livrés à domicile, a annoncé le lancement de sa plateforme nationale avec l'ouverture d'une nouvelle entité de production et de distribution à Calgary, en Alberta. Ce nouveau centre servira les provinces de l'Ouest canadien (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba). Les premiers tests de marché de l'organisation ont montré «une forte demande pour ses services dans la région, et les abonnements actifs ont déjà atteint plus de 2000 après la phase de prélancement». L'entreprise compte plus de 40 employés à Calgary et prévoit accroître ses activités au fil du temps pour répondre à «la forte demande anticipée».

Même s'il a accru ses revenus de 412% en un an, le fabricant et distributeur de paniers-repas demeure «dans le rouge», rapportait TVA Nouvelles en janvier dernier. Les revenus de Goodfood seraient passés de 2,1 millions$ au premier trimestre de 2017, à 11,2 millions$ pour la même période en 2018, profitant d’une hausse de 14 000 abonnés actifs au premier trimestre, par rapport au précédent, pour un total de 45 000 abonnés.

Le manque à gagner s’établirait tout de même autour de 2,5 millions$. Donc, la société mise sur cette croissance vers l'Ouest canadien pour atteindre la rentabilité. Elle prévoit augmenter son «marché exploitable de 11 millions de clients potentiels», selon le chef de la direction, Jonathan Ferrari. Depuis son lancement en 2014, elle a connu une croissance substantielle des revenus et des abonnés, en hausse de plus de 300% au cours de la dernière année.

L'Autorité des marchés financiers enquête sur Sinorama

Une enquête du quotidien montréalais La Presse révélait le 3 mai dernier un manque de 11 millions$ dans les coffres de Sinorama. Mais voilà que les activités de financement du voyagiste feront l'objet d'une enquête par l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui s'intéresse particulièrement aux collectes de fonds de Sinorama Corporation auprès des investisseurs. «Pour financer sa croissance, Sinorama a fait un appel public à l'épargne auprès des investisseurs à l'automne 2016, suivi d'un second, en novembre 2017». Les deux collectes de fonds ont totalisé 5,5 millions$. 

Toujours selon La Presse, Sinorama Corporation gérait les ventes de ses forfaits de voyage par l'entremise d'une filiale située dans les îles Samoa, un paradis fiscal figurant sur la liste noire de l'Union européenne, qui compte neuf pays et territoires, dont les Bahamas. L'entité localisée dans la ville d'Apia, à Samoa, a été baptisée Sinorama Tours. Toute la structure montréalaise est détenue par Sinorama Tours, elle-même propriété de Sinorama Corporation. Ce serait donc les actionnaires fondateurs Martine Jing et Simon Qian de Brossard, qui auraient le contrôle de l'organisation.

La porte-parole Guylaine Tremblay doit rencontrer la haute direction de l'entreprise le 7 mai pour faire le point sur «le lien d'affaires» qui unit la comédienne et Sinorama

Aldo ferme son centre de distribution

Le détaillant de chaussures et d’accessoires Aldo a annoncé la fermeture de son centre de distribution de l’arrondissement de Saint-Laurent, rapportait le journal montréalais Le Devoir. Cette fermeture, qui s'achèvera en avril 2019, entraînera la perte de près de 140 emplois. Aldo poursuit les efforts de réorientation de ses activités en réponse à la mainmise du commerce en ligne. Elle confiera ainsi à des sous-traitants spécialisés dans la vente en ligne, le travail habituellement accompli dans son centre de distribution. 

Salesforce lance un fonds d’amorçage exclusif au Canada

L'éditeur de logiciels, situé à San Francisco, qui distribue des logiciels de gestion sur internet et héberge des applications d'entreprises, lance Canada Trailblazer Fund, un fonds de 100 millions$ exclusif au pays, visant à aider les entreprises en démarrage qui misent sur l’informatique nuagique.

Ce lancement survient environ trois mois après l'annonce par Salesforce de son intention d'investir deux milliards$ dans ses activités canadiennes au cours des cinq prochaines années, en ajoutant des employés, des espaces de bureaux et une capacité de centre de données, selon Bloomberg. 

Nestlé s'associe avec Starbucks

Le géant suisse de l'alimentation Nestlé a dévoilé une alliance avec Starbucks qui lui permettra de commercialiser des produits de la marque américaine. Déjà propriétaire des marques Nescafé et Nespresso, Nestlé devra débourser «pas moins de 7,15 milliards$US pour obtenir une licence sur des produits vendus en dehors des salons de café de la marque Starbucks». Ces derniers génèrent un chiffre d'affaires de deux milliards$ par an, a indiqué le groupe à l'Agence France-Presse. Les produits prêts à boire sont toutefois exclus de la transaction.

Les deux entreprises comptent travailler ensemble à l'innovation et aux stratégies de commercialisation. Près de 500 employés de la firme américaine rejoindront les rangs de Nestlé. Cette alliance permettra au groupe suisse de se renforcer sur le marché américain.