La référence des professionnels
des communications et du design

Enquête Sinorama: quel impact pour Guylaine Tremblay?

Une enquête du quotidien montréalais La Presse a révélé un manque de 11 millions$ dans les coffres de Sinorama, voyagiste qui a surfé sur la notoriété de sa porte-parole, Guylaine Tremblay, dans sa plus récente campagne. Ève Laurier, directrice générale d'Edelman Montréal, se penche sur l’impact d’une telle affaire sur la comédienne.

Avec ses 21 trophées Artis, dont cinq dans la catégorie de la personnalité féminine de l’année, la réputation de Guylaine Tremblay n’est plus à faire. Même son de cloche pour Ève Laurier, qui ne croit pas que ce «scandale financier» entachera la marque personnelle de la comédienne, «protégée» de la population québécoise.

Son association avec cette entreprise, articulée autour de raisons personnelles, a donc beaucoup de sens à ses yeux et à ceux des Québécois. – Ève laurier

Elle croit cependant que Guylaine Tremblay devrait effectuer «une vérification diligente des faits» énoncés par La Presse avec Sinorama, afin de s’assurer que l’article n’est pas plus criant que la réalité. «Mais si les faits sont avérés, elle devra analyser son contrat et se sortir de cette collaboration», précise Ève Laurier.

La spécialiste ajoute cependant qu’il ne faudrait pas «précipiter la fin d’une collaboration avec l’entreprise, pour éviter d’envoyer un signal négatif à celles qui voudraient éventuellement s’allier avec Guylaine Tremblay. «Elle ne veut surtout pas envoyer le message qu’elle peut laisser tomber une entreprise du moment qu’un incident survient.» Et afin de démontrer son engagement citoyen, Ève Laurier ajoute qu’elle «devrait commenter la situation le plus vite possible, pour annoncer qu’elle n’était pas au courant de la situation financière de l'organisation.»

Collaboration «naturelle»

«Guylaine Tremblay a adopté ses deux enfants en Chine. Son association avec cette entreprise, articulée autour de raisons personnelles, a donc beaucoup de sens à ses yeux et à ceux des Québécois. La comédienne, qui s’était entretenue avec TVA au dévoilement de cette nouvelle collaboration en septembre 2017, avait alors soulevé «une association toute naturelle», en raison des valeurs qu’elle partageait avec Sinorama.

Ève Laurier

edelman montréal

Ève Laurier soutient que les porte-parole avec lesquels elle travaille posent généralement de bonnes questions sur une entreprise avant de s’y coller. «Les grandes personnalités d’ici sont conscientes que leur marque personnelle est parfois plus grande que celle avec laquelle ils s’associent.»

Une première au Québec?

Comme dans l'affaire Salvail où médias et annonceurs avaient mis un terme à leur collaboration avec l’ancien animateur et producteur, il est davantage monnaie courante qu’une entreprise se détache d'un porte-parole. «Elles n’hésitent pas à le faire vite», rappelle Ève Laurier.

Selon la directrice générale d'Edelman Montréal, il s’agit d'un rare cas québécois touchant une personne aussi connue devant faire le processus inverse. «Elle doit prendre en considération que plusieurs Québécois peuvent avoir été touchés par cette affaire.»

Les marques américaines ont connu leur lot de replis dans la foulée de l’élection de l’actuel président américain, notamment à la suite des déclarations pro-Donald Trump du PDG d’Under Armour, où trois de ses porte-parole les plus célèbres, Misty Copeland, Stephen Curry et Dwayne Johnson, avaient voulu se distancer de ses propos. Mais malgré leur sortie publique, aucun des trois n’a abandonné ses fonctions.

À l’heure actuelle, Guylaine Tremblay n’a émis aucun commentaire entourant l’affaire. 

 

En couverture: Capture d'écran d'une publicité de Sinorama, avec Guylaine Tremblay et Martine Jing, présidente de l'entreprise.