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Leeroy: aux premières loges du commerce électronique

Commerce électronique, réalité virtuelle et augmentée, microsite... Au fil de ses 14 ans d’existence, l'agence créative numérique Leeroy a vu son travail se complexifier pour s'adapter vite à la cadence imposée par les géants comme Amazon.

Pierre-André Roy

fondateur de leeroy

«L’industrie du web et du design s’est hautement complexifiée avec la naissance de nouveaux navigateurs, l’intégration de fonctionnalités de commerce électronique, sans compter les sites web qui deviennent de véritables applications», souligne le fondateur et président-directeur général, Pierre-André Roy.

Un bon exemple d’un site qui devient une application est celui de Packwire, que l’agence a récemment conçu.

Cette entreprise émergente montréalaise voulait s’attaquer aux marchés américain et canadien du carton pour offrir aux utilisateurs la possibilité de personnaliser leurs propres boîtes, puis de les commander en ligne. «Le domaine de l’imprimerie a changé, explique Julien Sister, directeur artistique, numérique et web. Packwire savait très bien que si elle demeurait seulement cartonnier, elle allait mourir.»

julien sister

leeroy

C’est ainsi qu'elle a eu l’idée de proposer un site par lequel les clients peuvent créer leurs propres boîtes en choisissant les dimensions, le type de carton et le modèle.

Pour ce faire, Leeroy devait concevoir un outil de modélisation en 3D sur son site, tout en s’assurant que l’expérience utilisateur soit conviviale et dynamique.

La complexité résidait dans le produit final: il fallait que le modèle 3D se traduise par un PDF à plat avec toutes les directives requises pour l’imprimeur, en plus de permettre de passer des transactions directement, en générant prix et factures.

«Le consommateur est très volatile, explique Julien Sister. Si en deux clics, il n'a pas trouvé ce qu'il cherche, il quittera la page.» En partant de cette expérience de personnalisation des boîtes, Leeroy a eu l'idée d'amener l'expérience boutique directement au consommateur pour la boutique de lunettes en ligne Vu.   

L'agence créative a ainsi créé un type de miroir virtuel qui permet aux internautes de tester leurs lunettes favorites en direct grâce à leur webcam. Une fois convaincus, ils peuvent ensuite réserver leur paire en magasin. Grâce à la technologie VTO (Virtual Try-On) qui détecte les mouvements des yeux et des sourcils, l'outil peut repérer l’emplacement où la monture doit être positionnée. Le site a d'ailleurs reçu des prix et mentions aux concours Awwwards et FWA.

Ces deux exemples représentent bien l'éventail d'expertise numérique que Leeroy offre. De l'application qui requiert des ressources en backend à des animations en frontend qui allient esthétisme et design épuré, en passant par les campagnes de marketing. 

La plus récente est celle réalisée pour la chaîne de restauration rapide Mia Pasta. Elle met en vedette le personnage Dr Sauss, psychopâte, incarné par l’humoriste Alexandre Bisaillon, et propose huit capsules web humoristiques axées sur des mini parodies de scènes cultes du cinéma. Les capsules sont présentées sur la page Facebook de la marque, sur la page consacrée au Dr Sauss avec une galerie de vidéos regroupant les capsules, de même que sur la chaîne Youtube de Mia Pasta. 

Plus récemment, l'agence a aussi mis la main sur le mandat de branding de la plateforme de commerce électronique d'Ubisoft Store.

Une offre multiplateforme

Le président-directeur général précise que l'agence n'est pas uniplateforme. Il entend par là que lorsque Leeroy est appelée à développer un site pour un annonceur, elle choisit la bonne plateforme selon les besoins du client. «Nous tentons de faire un choix judicieux pour ne pas l'emprisonner avec notre solution à nous», mentionne-t-il. Il explique en effet que les clients se retrouvent souvent «pris» avec un système de gestion de contenu maison qui les oblige à demeurer avec l'agence web qui l'a créé. 

«Bien répondre aux besoins des clients, c'est aussi leur dire que s'ils ne sont pas satisfaits avec leur site web, ils peuvent aller ailleurs. Le site leur appartient.» 

Cette satisfaction n'est pas toujours facile à atteindre dans le monde du web. «Les annonceurs ont plus d'attentes qu'auparavant: ils s'attendent à ce que ça ne coûte pas cher et que le site soit construit selon les plans.»

Il trace le parallèle avec la construction. «Si les clients ajoutent des fonctionnalités, ils ne sont pas toujours conscients que chaque demande peut retarder le projet, comme le changement d'une porte par exemple.» Julien Sister ajoute qu'il y a beaucoup d'éducation à faire. «Il faut souvent leur expliquer la différence entre les goûts personnels et la pertinence réelle dans une perspective de consommateur et de son parcours sur le site.»

Des projets pilotes 

Outre les mandats commerciaux, Leeroy a eu l'idée de mettre sur pied il y a plus de deux ans et demi la banque de photos gratuites Life of Pix. On y retrouve même des vidéos. Ce qui n'était au départ qu'une initiative maison a pris du galon, si bien que le site génère maintenant de 5000 à 10 000 visites par jour et attire de plus en plus de photographes. Un partenariat avec Adobe permet de maintenir la plateforme à flot, comme l'équipe ne génère pas pour le moment de revenus avec elle.

Si aucun budget de marketing n'est prévu en plus du développement du site web, c'est comme ouvrir un magasin dans le désert. – pierre-andré roy

Toujours dans cet esprit «entrepreunarial», l'équipe a aussi mis sur pied le site Influenceurs Québec qui classe les influenceurs d'ici par réseau social et par secteur. L'évaluation est mise à jour quotidiennement. 

 

Au-delà des sites web

Ce n'est pas tout de créer un site de commerce électronique. Encore faut-il que l'entreprise adopte une stratégie de marketing pour que les gens en connaissent l'existence. «Si aucun budget de marketing n'est prévu en plus du développement du site, c'est comme ouvrir un magasin dans le désert», illustre Pierre-André Roy.

Le tout est particulièrement vrai dans un monde dominé par les géants du commerce en ligne comme Amazon ou eBay. «Les petits joueurs ont besoin d’une approche de marketing unique pour se démarquer puisqu'ils peuvent obtenir tout sur Amazon et à moins cher.» 

D'où l'idée de proposer des solutions grâce auxquelles les plus petits joueurs pourront se distinguer. «Cela passe par l'expérience sur le site et la capacité d'établir une proximité avec la clientèle, comme avec Vu», mentionne Julien Sister.

 

En couverture: projet Vu. Photographie: L'Éloi