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Ce t-shirt qui crée des tensions diplomatiques

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, se penchent sur les excuses de Gap pour avoir publié une carte incomplète de la Chine sur un t-shirt.

Cette semaine, la susceptibilité chinoise s'est exprimée à propos d'un t-shirt vendu au Canada par le détaillant Gap.

arnaud granata

infopresse

Le chandail présentait un imprimé de la carte de la Chine qui omettait toutefois la présence de quelques territoires, comme Taiwan et le sud du Tibet.

Rappelons que Pékin considère Taiwan comme une province rebelle en attente de réunification, tandis que Taiwan est autogouvernée depuis sa séparation d'avec la Chine en 1949 après une guerre civile. Elle a maintenant son propre gouvernement, son armée et sa politique étrangère indépendante.

Une image de ce vêtement a été publiée sur le réseau social chinois Weibo, sorte d'équivalent de Twitter, générant des centaines de plaintes de Chinois envers Gap.

Résultat: l'entreprise n'a eu d'autre choix que de s'excuser, ajoutant qu'elle respectait la «souveraineté» chinoise et qu'elle allait désormais s'assurer de revoir chaque imprimé de son catalogue pour éviter pareille erreur à l'avenir. Une sorte de tempête dans un verre d'eau, juge Arnaud Granata, qui ne voit là aucune malice, étant convaincu que le seul objectif de Gap dans l'opération était de «vendre des t-shirts», pas de créer des tensions diplomatiques.

Stéphane Maillot

havas montréal

Stéphane Maillot rappelle que Gap n'est d'ailleurs pas la seule entreprise aux prises avec ce genre de questions diplomatiques épineuses. Récemment, Zara et Marriott ont aussi essuyé les critiques chinoises pour avoir présenté sur leurs sites web Taiwan comme un pays à part entière.

Les transporteurs aériens se font aussi, de façon continue, mettre de la pression par la Chine pour arrêter de traiter Macao, Hong Kong et Taiwan comme des pays distincts. Selon Stéphane Maillhot, les marques se retrouvent parfois au milieu de questions diplomatiques, des choses très éloignées de leurs activités habituelles. Il ajoute que «cet amalgame entre pression commerciale et lobbying international semble un peu dangereux».

En attendant, Gap assure avoir «retiré ce produit du marché chinois» et avoir «entièrement détruit les exemplaires». Selon le journal Global Times, qui cite Gap, les t-shirts n'étaient pourtant pas vendus en Chine.

Aussi au programme cette semaine: une association belge diffuse un message en direct à la radio chaque fois que quelqu'un meurt dans un accident de la route, une campagne québécoise internationale contre la violence envers les LGBTQ+, la folie virale «Yanny vs Laurel» et des plateformes employées par les jihadistes pour diffuser leur propagande sur le web.

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.