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Soko, un nouveau pont entre annonceurs et éditeurs

Incubée dans les bureaux de Ressac, Soko est une entreprise émergente montréalaise qui souhaite offrir de nouveaux revenus aux éditeurs... tout en augmentant le rendement des campagnes Facebook et Google d'annonceurs en tout genre. Pablo Stevenson, PDG de Ressac, détaille cette nouvelle offre.

D'entrée de jeu, Pablo Stevenson aborde l'évidence: dans ce monde de plus en plus numérique, les éditeurs ont de la difficulté à augmenter leur monétisation. Et même si Facebook et Google accaparent plus de 70% des revenus de la publicité au pays, les planificateurs médias ne peuvent se passer de ces plateformes efficaces, aux technologies avancées et aux indices de mesures précis, permettant de connaître les retombées des investissements publicitaires.

pablo stevenson

pdg de ressac

«C'est certain que Facebook et Google sont intéressants d'un point de vue de marketeur. Mais on s’est dit qu’on pouvait faire quelque chose pour améliorer à la fois la monétisation des éditeurs et le ciblage des annonceurs.»

Ce «quelque chose», c'est Soko, un nouvel outil qui permet d’intégrer, de manière automatisée, les publics d’éditeurs partenaires aux campagnes Facebook, Google et LinkedIn des annonceurs.

Mieux cibler pour mieux s'annoncer

Autrement dit, Soko est une plateforme ouverte aux agences et aux marques, sur laquelle les éditeurs sont rémunérés pour l’utilisation de leurs auditoires. De plus, elle permet aux annonceurs d'obtenir des campagnes plus performantes, car mieux ciblées.

«Sur Facebook, quand on fait la promotion de publications, un annonceur dispose de plusieurs filtres: il peut cibler selon l'âge, les préférences, le lieu de résidence, etc., explique Pablo Stevenson. Ce sont des mesures de ciblage classiques. Ce que Soko ajoute, c'est un autre filtre: celui des utilisateurs qui ont lu un article en particulier ou ont visité une section spécifique d'un site web.»

«Avec Facebook, on peut cibler les tripeux de char, mais il n'y a pas moyen de cibler ceux qui veulent en acheter un...»

Pour illustrer ses propos, Pablo Stevenson évoque une critique d'un modèle de voiture sur un site automobile. «On peut imaginer que les personnes qui ont lu cette critique sont dans un processus de considération d'achat d'une voiture. Avec Soko, l'on peut jumeler ce groupe avec Facebook, puis, ainsi, donner la possibilité aux annonceurs d’aller cibler cet auditoire directement dans leurs campagnes sociales.»

Ce faisant, une monétisation nouvelle se fait pour les éditeurs, en échange de «donner la permission, aux annonceurs, d'aller chercher leur auditoire précis, indique Pablo Stevenson. Et pour les annonceurs, cela procure des résultats plus élevés sur le plan de la performance. Avec Facebook, on peut cibler les tripeux de char, mais il n'y a pas moyen de cibler ceux qui veulent en acheter...»

Indépendance et transparence

La plateforme Soko a été conçue chez Ressac, alors qu'un client de l'agence numérique cherchait à atteindre un auditoire de créneau pour sa campagne. Financée par du capital de risque, dont le fonds OrbitMTL de Real Ventures, ainsi que par des investisseurs européens, Soko est aujourd'hui 100% indépendante. Surtout, elle mise sur la transparence pour séduire un maximum de partenaires à se tourner vers elle.

«Une agence média peut aller sur Soko et acheter des auditoires spécifiques, tout comme un éditeur peut y offrir ses propres auditoires à des annonceurs en vue d'une activation sur Facebook. C’est complètement libre-service.»

un exemple de l'interface de soko.

Chaque transaction est aussi ouverte, c'est-à-dire qu'un annonceur sait à quel éditeur l'auditoire qu'il achète appartient, et inversement. C'est une façon de prévenir les dérives potentielles en programmatique, alors que les questions de «brand safety» affectent même les plus grands joueurs.

Ici, puis ailleurs

Pour l'instant, Soko compte sur une équipe de six personnes pour aller de l'avant, ce qui n'empêche pas Pablo Stevenson de rêver grand. «L'objectif est évidemment de croître, et l'on vise à attaquer l'ensemble du marché canadien dans la première année.» Déjà, la plateforme offre la possibilité de cibler les auditoires d’une vingtaine d’éditeurs et elle connaît une belle croissance au Québec, où Soko est accessible à un nombre sélect d’annonceurs et d’agences en version préliminaire.

«C'est presque collaboratif.»

De plus, comme l'idéation de Soko s'est faite à l'intérieur de Ressac, les commentaires des partenaires sont essentiels à la croissance de la plateforme. En effet, tout en gardant son rôle de PDG de Ressac, Pablo Stevenson occupera un «rôle hybride» qui lui permettra également de suivre de près l'évolution de Soko... et ainsi de peaufiner l'idée à l'aide des commentaires de ses collègues.

«Soko sera ouverte au plus grand nombre de manière séquentielle, parce qu'on collecte les échos de tous ceux qui l'utilisent. On essaie de travailler agilement pour optimiser le rendement. C'est presque collaboratif – les commentaires des annonceurs, des éditeurs et des agences médias sont et resteront capitaux pour nous.»

En couverture, l'équipe de Soko. De gauche à droite, de haut en bas: Charles Nolin, Stu Reider, Daniel Drouet, Shimming Chen, Pablo Stevenson, Stéphane Chapdelaine.