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Les politiciens au temps des «j'aime»

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, se penchent sur une étude cataloguant les politiciens par leur appétit des mentions j'aime. 

L’étude Twiplomacy de la firme de communications et relations publiques Burson Cohn & Wolfe a mesuré et répertorié l’image de 650 politiciens et organisations politiques internationales, principalement sur Facebook. Qui est le plus accro aux J’aime? Qui emploie le plus les plateformes sociales pour sa notoriété personnelle?

Stéphane Mailhiot

havas montréal

L’analyse dénombre 109 chefs d’État possédant une page personnelle sur les réseaux sociaux, contre 86 chefs de gouvernement. À l’exception de Donald Trump qui ne prêche que par Twitter, «Facebook demeure l’outil de prédilection des politiciens, qui utilisent le réseau pour engager une conversation et une rétroaction avec le citoyen», indique Stéphane Mailhiot.  

Le bal a été d’abord lancé par Barack Obama en 2007, alors qu’il était sénateur de l’Illinois. Mais la force de l’outil de communication a été davantage constatée lors de sa campagne électorale en 2008, alors que plusieurs citoyens se sont ralliés à lui par la plateforme.

L’amalgame des mots «réseaux sociaux» et «politiciens» réfère inévitablement à la présence infatigable de Donald Trump sur Twitter ou de Justin Trudeau sur Facebook. Ces deux figures politiques s'approprient généreusement ces plateformes. Pourtant, Narendra Modi, premier ministre indien, est le politicien le plus suivi sur Facebook avec 43 millions d’abonnés, supplantant les 23 millions de Donald Trump, qui arrive deuxième, ou les 5,8 millions du premier ministre canadien, 10e parmi les politiciens les plus suivis.

arnaud granata

infopresse

Au troisième rang, l'on trouve la reine Rania al-Yassin de Jordanie, avec 16 millions d’abonnés. «Le Moyen-Orient est très connecté sur les plateformes sociales, précise Stéphane Mailhiot. On constate d’ailleurs que certaines des publications les plus relayées en 2017 étaient liées à cette région.» 

Les grands absents? La Corée de Nord et la Chine, sans grande surprise en raison de «leur accès restreint au reste du monde et de la faible volonté des dirigeants d’engager un dialogue avec la population», ajoute Stéphane Mailhiot. Il faut mentionner toutefois que Facebook n'est pas la plateforme sociale la plus employée en Chine, un pays qui privilégie WeChat. 

Twiplomacy a aussi répertorié «les bons coups» de l’année politique 2017 sur les plateformes sociales. Avec la vidéo Please come to France, apparue à la suite du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, première entente universelle sur le climat, le président français Emmanuel Macron a marqué un grand coup auprès de la communauté Facebook. Cette vidéo, vue plus de 30 millions de fois, invitait chercheurs, ingénieurs, scientifiques et spécialistes des changements climatiques à venir vivre en France «parce qu’ils allaient y être les bienvenus».

La vidéo de Justin Trudeau présentant ses vœux à l’occasion du Ramadan figure au troisième rang de «bons coups politiques», relayée et vue plus de 12 millions de fois. La photo du premier ministre fédéral accueillant des réfugiés syriens, accompagnée du mot-clic #WelcomeToCanada, a quant à elle, obtenu le plus de mentions «petit cœur». Cette image a été relayée près de 238 000 fois et «adorée» plus de 163 000 fois.

Aussi au programme cette semaine: la renaissance de la chanteuse Marie-Mai ou la bonne gestion d’une entreprise, une campagne touristique de la Nouvelle-Zélande et la durée idéale d'une publicité filmée. 

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.