La référence des professionnels
des communications et du design

Trafiquer des panneaux d'affichage pour contrer la censure

Le pendant suédois de Reporters sans frontières lance Billboards Without Borders, une offensive remplaçant des publicités de panneaux d'affichage par des mots qui ont coûté la vie à certains journalistes.

En 2017 seulement, 65 journalistes ont été tués et 326 emprisonnés pour avoir dénoncé abus de pouvoir, corruption et autoritarisme politique. Reporters sans frontières a donc fait appel à Google Maps pour révéler leurs mots censurés, dans la foulée d'Uncensored Playlist, initiative visant à détourner la réprobation journalistique dans certains pays, avec une liste de lecture déguisée. 

Les publicités sur les panneaux d'affichage dans les espaces publics ont été uniquement modifiées sur Google Maps. Les panneaux physiques sont demeurés intacts. Un stratagème de l'agence Akestam Holst de Stockholm, afin que les gouvernements répressifs ne puissent empêcher la diffusion du message.

Ainsi, sur la Place Rouge de Moscou, un panneau altéré clame désormais que «l'homosexualité est normale», une déclaration ayant conduit le journaliste Alexander Suturin à des accusations de «propagande homosexuelle», en plus d'une amende de 50 000 roubles. À Malte, un extrait du dernier article de la journaliste d'enquête Daphne Caruana Galizia dénonce la corruption du gouvernement maltais. Elle a été tuée le 16 octobre dernier dans une voiture piégée, moins d'une heure après la parution du texte. Et même à Times Square à New York, un nouveau panneau accuse le président Donald Trump.  

new york

Malte

turquie

Thaïlande

inde