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Les ventes au détail devraient augmenter de 4% au Québec

Malgré les incertitudes entourant les négociations de l'Aléna et la mainmise des géants du commerce en ligne, les ventes du secteur du commerce de détail québécois devraient augmenter de 4% en 2018, selon les prédictions du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) et du Groupe Altus

«Les deux dernières années ont été excellentes pour le commerce de détail, avec des hausses de 6% en 2017 et 6,2% en 2016, au Québec, explique Léopold Turgeon, président-directeur général du CQCD. Nous n’avions pas vu de tels chiffres depuis 2010. Malgré les incertitudes qui règnent actuellement avec l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) et la concurrence inéquitable des géants du commerce en ligne, nous avons confiance que 2018 sera tout de même favorable aux détaillants.» 

Six critères ont été pris en compte afin d’effectuer cette analyse: un taux d’intérêt stable et bas; une légère augmentation du revenu des consommateurs; une inflation inférieure à 2%; une stabilité de l’emploi; un coût de l’essence en légère hausse; et un taux de chômage inférieur à celui de 2017.

La valeur du dollar canadien, le prix du litre d’essence, ainsi que les négociations de l’Aléna demeurent des facteurs fondamentaux qui influenceront grandement les ventes de la prochaine année. 

125,5 milliards$ de ventes en 2017

Avec une augmentation de 6% par rapport à 2016, les ventes ont totalisé 125,5 milliards$ en 2017 ici. Presque tous les secteurs du commerce de détail ont connu une progression, mais les magasins d’électronique et d’électroménagers (+22,9%), les articles de sport, passe-temps, musique et libraires (+11%) et les magasins de meubles (+10,4%) demeurent en tête de peloton. 

«En raison de la valeur du dollar canadien, les Québécois ont moins voyagé dans la dernière année, ajoute Léopold Turgeon. Ainsi, ils sont davantage restés à la maison, ce qui explique notamment l’attrait pour les articles de divertissement. L’augmentation du tourisme, combinée aux Québécois qui ont profité de leurs vacances au Québec, a eu un impact positif sur les ventes.»

La province avec la plus forte progression est la Colombie-Britannique, avec 9,6% d’augmentation des ventes totales.

Équilibre dans l’indice des prix à la consommation

L’indice des prix à la consommation, qui mesure l'évolution du niveau moyen des prix des biens et services consommés par les ménages, a légèrement augmenté en 2017, se situant à 1,1%. Elle demeure inférieure à celle du Canada, qui s'inscrit à 1,6%.

Ces cinq dernières années, l'on observe que le prix de certains produits a connu de l’inflation, alors que d’autres ont subi une déflation. Ainsi, le matériel de lecture et autres imprimés, l’entretien et les réparations par le propriétaire (rénovations), les aliments achetés en magasins et les meubles ont vu leur prix augmenter, tandis que le coût des chaussures, du matériel de divertissement et de l’essence a diminué. 

«L’inflation et la déflation de certains produits maintiennent un certain équilibre dans le portefeuille des consommateurs québécois», soutient Léopold Turgeon. 

Les Québécois épargnent davantage que les Canadiens

Parmi le profil des consommateurs étudié, les Québécois épargnent davantage que les Canadiens depuis 2014. Le taux d’épargne des Québécois se situait à 5%, en 2016, malgré un revenu disponible par habitant inférieur au Québec qu’au Canada: 27 557$ au Québec contre 32 340$ au Canada.