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Time's Up Advertising: Sid Lee et FCB Montréal parmi les signataires

Pour s'attaquer à la discrimination, au harcèlement et aux abus sexuels dans le milieu publicitaire, plus de 200 dirigeantes dispersées en Amérique du Nord ont formé Time's Up Advertising.

Elles n'étaient que 14 en janvier, mais elles sont aujourd'hui plus de 200 signataires, toutes provenant du milieu de la publicité. Hey, Sisters, we know. peut-on lire en amorce de ce qui devient la déclaration officielle du mouvement Time's Up Advertising. 

Le mouvement s'attaque à «l'inégalité systémique et à l'injustice en milieu de travail».

Afin ce créer une culture d'équité au sein des agences, la mission est d'établir de «nouvelles politiques, pratiques, décisions et actions concrètes, et d'aborder la discrimination, le harcèlement et les abus sur le lieu de travail, qui convergeront vers un leadership plus équilibré, diversifié et responsable». Un fonds d'aide juridique sera également constitué, afin de soutenir financièrement les victimes de harcèlement sexuel ou de représailles en milieu de travail. 

Un devoir de dirigeantes

La lettre de solidarité est claire. «En tant que leaders, il est de notre devoir de favoriser un milieu de travail où les gens sont invités à se dépasser, mais toujours respectés.» Les anciennes dynamiques de pouvoir sont pointées du doigt par l'organisation. «Il est temps de parler franchement de la responsabilité qui vient avec le pouvoir.» 

Selon une étude, 42% des employées prétendent avoir été victimes de harcèlement sexuel à un moment de leur carrière dans la publicité. 

Parmi les signataires canadiennes, Samia Chebeir (présidente de FCB Montréal), Elana Gorbatyuk (vice-présidente et associée de Sid Lee), Annick Désy (chef gestion de talents et associée) et Judy John (chef de la direction de Leo Burnett Canada et directrice commerciale de Leo Burnett en Amérique du Nord) s'engagent formellement à créer des solutions efficaces, en commençant par identifier et examiner les pratiques et politiques qui ont fait défaut, trouver et mentorer une relève diversifiée appelée à devenir les leaders de l’agence, puis assurer une formation progressiste en agence qui ouvrira la discussion et élucidera les solutions.

Le 1er janvier 2018 naissait l'organisation Time's Up, en réponse à l'affaire Harvey Weinstein et aux dénonciations massives du mouvement #metoo. Le mouvement s'attaque à ce qu'il qualifie d'inégalité systémique et d'injustice en milieu de travail, des phénomènes qui auraient empêché les groupes sous-représentés d'atteindre leur plein potentiel. Le fonds de défense juridique de Time's Up s'élève à plus de 20 millions$.

L'appel de Cindy Gallop

Le 16 octobre dernier, l’activiste et publicitaire britannique Cindy Gallop sommait les professionnels de la publicité de dénoncer les agresseurs et harceleurs sexuels de l’industrie. Une semaine plus tard, une déferlante d'accusations s’accumulaient dans sa boîte de réception. «Peu importe le nombre d'initiatives en matière d'égalité des sexes et de diversité lancées dans l'industrie, rien ne changera à moins que les gens ne commencent à parler», lançait-elle alors. 

LES ANCIENNES DYNAMIQUES DE POUVOIR SONT POINTÉES DU DOIGT PAR TIME'S UP ADVERTISING.

The Agency Circle, initiative lancée en 2016 en réponse à des frustrations sur la question de l’homogénéité en agences de création, a publié en août 2017 les résultats d’une étude concernant la diversité et sa perception en milieu de travail. Parmi les 15 agences sondées, 42% des employées prétendent avoir été victimes de harcèlement sexuel à un moment de leur carrière dans la publicité. Et 20% affirment l’avoir vécu plus de quelques fois.