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L'Église de scientologie lance une chaîne de télé

Cette semaine, à la chronique Bêtes de pub, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, présentent la nouvelle chaîne de télévision de l'Église de scientologie et les enjeux liés à la production de contenu indépendant.

L’Église de scientologie diffuse désormais ses propres émissions sur DirecTV, AppleTV, Roku, fireTV, Chromecast, iTunes et Google Play. «L’évangile» de L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie, peut se répandre davantage depuis le lancement, le 12 mars, de la chaîne de télévision gratuite Scientology Network.

Arnaud Granata

infopresse

L’Église de scientologie a investi, il y a quelques années, des dizaines de millions de dollars dans la création d’un studio de production à Los Angeles. L’organisation souhaitait diffuser elle-même ses messages sans intermédiaire de l’extérieur. On y retrouve une émission en direct qui promeut les principaux enseignements de la religion et présente des fidèles et des adeptes de ce mouvement controversé.

Arnaud Granata soulève qu’on n’y discute pas des allégations d’abus ou d’exploitations: «On écarte vraiment la partie controverse pour se concentrer sur le message de l’Église. Et c’est assez inquiétant, car on vit dans une ère où toutes les organisations, aussi extrêmes soient-elles parfois, ont la possibilité de raconter leurs propres messages.»

Aujourd’hui, les contenus se propagent à une vitesse fulgurante et toute organisation peut désormais contrôler son message. Cela s’inscrit dans un mouvement où même le regroupement NRA lance sa chaîne de télévision sur le web (NRATV). Les réseaux sociaux (comme Facebook) favorisent également la propagation des contenus qu’on veut voir et qui nous ressemble.

Stéphane Mailhiot

Havas

Dans le cas présent, l'organisation a pris des moyens importants pour normaliser la scientologie, la «rendre sexy» aux yeux du public, avec la même rhétorique où l'on apporte des solutions à des populations assez vulnérables, souligne Arnaud Granata. «C’est assez dangereux dans cette ère de communication, d’où l’importance de médias crédibles, et j’aimerais dire traditionnel, avec une vraie rigueur journalistique.»

Aussi au programme cette semaine: une publicité britannique contre l'alcool au volant fait passer son message grâce une parodie de Ghost, une candidate politique qui se montre en train d’allaiter dans sa publicité électorale, le changement de nom du Front national et un soudain intérêt pour les femmes que démontre l’industrie des voitures de luxe.

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.