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Quand musiciens et journalistes font équipe pour lutter contre la censure de la presse

L'entité allemande de Reporters sans frontières lance Uncensored Playlist, une offensive déguisée en liste de lecture visant à détourner la censure journalistique dans les pays réprimés. 
 

Lancée le 12 mars à l'occasion de la Journée mondiale contre la censure sur internet, l'initiative Uncensored Playlist a recouru à la musique comme subterfuge pour envoyer de l'information dans cinq pays sous le diktat de la censure gouvernementale. 

Ainsi, le journaliste chinois exilé Chang Ping, la journaliste égyptienne Basma Abdel Aziz, les membres du réseau thaïlandais pour le journalisme libre Prachatai, Galima Bukharbaeva de l'Ouzbékistan et le blogueur vietnamien Ngưoi Buon Gio (The Wind Merchant) ont travaillé avec le directeur musical Lucas Mayer et la société de production numérique MediaMonks pour transformer 10 articles déjà censurés, en paroles de chansons pop. La liste de lecture est offerte gratuitement sur Spotify, Apple Music et Deezer sous le mot-clic #truthfindsaway.

Sur les 180 pays répertoriés dans le classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporters sans frontières, la Chine se retrouve au 176e rang, le Vietnam 175e, l'Ouzbékistan 169e, l'Égypte 161e et la Thaïlande 142e. Uncensored Playlist est accessible dans ces cinq États. Les noms des journalistes ont cependant été modifiés, et les titres d'albums et de chansons adaptés, afin de contrecarrer la précensure. 

L'agence de création DDB Berlin, partenaire de la campagne, explique que «cette liste de lecture non censurée démontre aux leaders oppressifs qu'ils ne peuvent réduire à néant la liberté d'information». Plus qu'un effort de collecte de fonds ou de sensibilisation, Uncensored Playlist est utilisée comme un «cheval de Troie», afin de permettre à ces histoires d'atteindre le monde entier.