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Le comment et le pourquoi des faux-abonnés

Les réseaux sociaux regorgent de faux-comptes dont la seule utilité est d'augmenter les statistiques de ceux prêts à payer pour plus d'influence. Avec Maripier Morin, l'équipe de Dans les médias a fait le point. 

Les faux-comptes sur les réseaux sociaux se sont retrouvés dans l'actualité à la suite d'un récent exposé du quotidien New York Times. Mais à quel point l'achat de «faux-followers» est-il répandu. Et à quel point est-ce facile de donner un coup de pouce à ses statistiques par cette pratique frauduleuse?

«C'est très facile», affirme d'entrée de jeu Noémi Mercier. Pour le démontrer, l'équipe a elle-même acheté 5000 «abonnés» auprès du site web d'une entreprise impossible à localiser pour quelque 40$. «À première vue, ces comptes ont l'air de ceux de vraies personnes: elles ont un nom, quelques publications. Toutefois, certains indices peuvent mettre la puce à l'oreille quant à leur véracité.»

Parmi eux, le nom du compte est souvent composé d'un amalgame de lettres, chiffres et symboles, et le ratio publications/abonnés/abonnements est déséquilibré: ces comptes n'ont que peu de publications, suivent beaucoup de comptes mais peu de gens les suivent. «Ce sont souvent des comptes qui viennent de l'étranger – des abonnés qu'on a achetés proviennent du Brésil. Pourquoi des Brésiliens suivraient-ils le compte de Dans les médias?», demande Noémi Mercier.

Comme l'engagement est important aux yeux de ces réseaux comme des annonceurs, ces faux-comptes interagissent aussi avec ceux de leurs clients, aimant et partageant des contenus.

maripier morin

 

«C'est très problématique pour ceux qui ont des comptes organiques, explique l'invitée de la semaine, l'animatrice Maripier Morin. Tout ça fait en sorte que les plateformes changent sans cesse leurs algorithmes pour contourner les robots, les comptes organiques écopent, parce que notre portée diminue sans cesse.»

 

arnaud granata

 

«Qui est à blâmer? Est-ce que ce sont les gens qui les achètent, ou parce qu'on a érigé un système où le nombre d'abonnés est important. Des médias demandent à leurs chroniqueurs d'être populaires!», ajoute Arnaud Granata.

Si tout est mesuré en matière de popularité et de performance, Maripier Morin croit, elle, qu'il y aura nécessairement un retour du balancier. «On est loin dans la quête du "J'aime" et des abonnés; l'on ne peut pas rester où l'on est, c'est trop malsain. À long terme, je pense que ceux qui s'en tireront bien seront les gens qui font preuve d'authenticité. En tout cas, je l'espère.»

Aussi au programme de cet épisode: entrevue avec Maripier Morin, l'image médiatique de Brigitte Macron, les deux solitudes linguistiques du Canada vues par le prisme médiatique. 

Retrouvez ici l'intégralité de Dans les médias, diffusée le jeudi à 21h à Télé-Québec. Vous pouvez aussi suivre l'émission sur FacebookInstagram et Twitter