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La Factry, deux ans plus tard

C'est le 21 février en soirée que La Factry inaugurait officiellement ses bureaux situés sur la rue Saint-Antoine, à Montréal. Marie Amiot, présidente-directrice générale, revient sur l'évolution de l'école des sciences de la créativité depuis sa création, il y a près de deux ans.

Lorsque l'organisme sans but lucratif La Factry a été fondé en 2016, l'équipe était un peu itinérante, n'ayant pas de lieu fixe pour ses activités. Cette dernière compte aujourd’hui six membres permanents, qui ont élu domicile en septembre 2017 à la gare Windsor, au 1111 Saint-Antoine Ouest, à Montréal, en plein coeur du Quartier de l'innovation.

marie amiot

la factry

Ce chantier qui a abouti à un vaste espace, conçu pour s'adapter aux deux grands volets sur lesquels se fondent le positionnement du centre: les formations et l'événementiel. 

«Nos formations sont scénarisées en fonction de l'espace, explique Marie Amiot, présidente-directrice générale. On l'habille selon la taille de la cohorte de participants, par exemple en créant des zones délimitées, que ce soit pour le travail, les ateliers, la collaboration ou les présentations.»

Des formations plus ciblées

Si, au départ, le centre de formation offrait principalement des cours ouverts à tous, les besoins des entreprises se sont précisés au fil du temps. «Les participants provenaient de différentes industries et revenaient en entreprise en conseillant à leur service de ressources humaines de proposer plus de formations en créativité. C'est ainsi qu'on nous a demandé de développer des formations taillées aux besoins précis d'une entreprise.»

Les cours sont axés sur le développement de la créativité, comme outil de transformation. «On parle de créativité au sens large, qui n'est pas l'apanage d'une industrie ou d'un domaine en particulier, précise Marie Amiot. Tous les métiers sont appelés à changer, et l'objectif est donc de donner la capacité aux gens de trouver des solutions nouvelles.»​

Les participants, eux, proviennent de toutes les disciplines: finances, cinéma, neuroscience, droit... Toutes ces personnes peuvent se retrouver au sein d'un même atelier dont le thème, peu importe celui-ci, les unit tous autour d'un même objectif: réinventer leur métier, leurs méthodes de travail, ou encore, leur modèle d'affaires. Par exemple, un thème déjà traité était l'économie de partage, qui a attiré des gens qui souhaitaient réinventer leur modèle d'affaires. 

Des yeux rivés sur la relève

Pour la première année d'opération de La Factry, l'accent avait été mis sur les professionnels afin de générer un minimum de revenus. «Nous voulions faire la preuve du concept, voir si la recette fonctionnait avant de déployer plus de contenus», précise Marie Amiot. La recherche d'un lieu s'est ensuite imposée, et avec ce dernier, «la porte s'ouvrait à la programmation», qui a suscité un intérêt grandissant chez les jeunes, que ce soit les 18-24 ans qui entrent sur le marché du travail ou les 24-30 au début de leur carrière.

«À partir du contenu plus riche qu'on avait, on a pu le défaire en morceaux pour faire goûter à La Factry en petites bouchées.» C'est ainsi qu'en plus des ateliers qu'il offre, l'OSBL a conclu des partenariats avec des institutions d'enseignement. Parmi eux, celui avec le Collège Saint-Anne, actif depuis deux ans, premier à déployer un programme centré sur la créativité et l'innovation. Le centre compte étendre cette même formule au niveau universitaire dans les prochains mois. 

Comme La Factry n'est pas un établissement d'enseignement accrédité, son rôle consiste principalement à bonifier le contenu, que ce soit en donnant accès aux étudiants à des ateliers, à des stages ou à des visites à des événements comme C2 Montréal. Le centre peut aussi trouver des experts qui pourront livrer des présentations dans les cours.

«Je rêve que les gens s'arrachent les jeunes passés par La Factry en raison de leur capacité à travailler déjà en équipe et parce qu'ils auront une coche de plus.»

Si environ 80% des formations dans la dernière année visaient les professionnels, elle souhaiterait qu'au moins 50% des activités s'adressent aux jeunes dans un avenir à court terme.

Des événements maison et des hôtes

Le volet événementiel, qui a pris de l'ampleur dernièrement, a pour objectif d'offrir une programmation qui contribuera à faire bouillonner la créativité. Conférences et improvisations créatives en sont des exemples. La Factry a aussi récemment conclu un partenariat avec le collectif de jeunes artistes émergents multidisciplinaires Soir, qui organise chaque mois dans les lieux des soirées artistiques déjantées.

Outre la programmation «interne», l'organisme offre son espace à louer pour certains événements (conférences de presse, assemblées, etc.).

Lors de la soirée d'inauguration qui a réuni plus de 200 personnes de tous les horizons, le centre a aussi annoncé le soutien du Secrétariat à la région métropolitaine du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (par son Fonds d’initiative et de rayonnement de la métropole), de même que son partenariat avec BRP pour deux ans, avec le cabinet d'avocats Lavery et l'agence Sid Lee.

Si la directrice générale se projette dans cinq ans d'ici, elle prévoit que les activités de l'OSBL seront divisées «50% pour la formation, 25% pour la programmation interne et 25% pour la programmation des autres».