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Le design stratégique de Principal

Les studios de design Bureau Principal et Uniform, ainsi que l’entreprise technologique Brazen, s'unissent après quelques années de flirt professionnel. Ils deviennent ainsi Principal, un redémarrage vivifiant selon les cinq associés, qui leur a permis de bonifier considérablement leur offre.

La fusion officielle s’est concrétisée en avril dernier, alors que François Morin de Brazen et Patrick Pellerin d’Uniform se sont retrouvés au volant de leur entreprise respective. «La possibilité de diversifier nos plateformes a été l’attrait premier de cette nouvelle collaboration, explique François Morin, qui traite la technologie comme un élément pouvant solutionner plusieurs problématiques en design. Nous avons cette volonté d’affirmer que le design est partout.»

«Le métier de designer devra s’adapter aux nouveaux paramètres et défis technologiques, soutient l’associé Bryan-K. Lamonde. En travaillant l’imprimé et le numérique en tandem, dans un processus collaboratif entre designers et technologues, les solutions s’avèrent plus intelligentes.» Pour les cinq acolytes, cet ajout technologique demeure une valeur distinctive, dans une tension constante entre l’innovation et l’esprit de pérennité.

«Le mauvais design paraît beaucoup. C'est ce qui nuit à l'amélioration de l'espace public.»

Bruno Cloutier, ancien de Bureau Principal, indique que les trois entreprises étaient toutefois en bonne santé avant la fusion. «L’idée n’était pas de grossir, c’est plutôt une extension naturelle de notre parcours, après plusieurs années à se courtiser.» Principal compte désormais une dizaine d'employés, incluant les partenaires. 

La boîte récolte aujourd'hui les fruits de cette union. La refonte de l’identité de la 10e édition de la foire d’art contemporain Papier et la campagne visuelle de la saison 2017-2018 du Théâtre Prospero ont permis à Principal de récolter deux Grands Prix au plus récent concours Grafika, en plus de sept autres projets primés par le jury.

Intellectualiser son identité

Une approche générale intellectuelle du design, une esthétique caractérisée par un vif intérêt pour la typographie, un rendu clair, simple et léché: la vision commune de la discipline, dans une philosophie humaniste, a abouti à l’identité globale du studio. «Le côté clean de Principal résonne bien avec notre méthode de travail, sans être trop didactique, explique Mathieu Cournoyer, partenaire. Le nom du studio incarne bien notre pensée et l’essence de vos valeurs.»

Bruno Cloutier ajoute que Principal «n’est pas du genre à communiquer le concept de ses projets», préférant ainsi que le projet s’exprime par lui-même. Un logo, «pas de logo», une typographie qui explique tout, «sans trop expliquer», les cinq associés ont misé sur une image de marque «claire, mais mystérieuse». «Devoir se positionner graphiquement sur notre travail, ce n’est pas pertinent selon nous.»

Résolution de problèmes

Principal endosse une certaine responsabilité par rapport aux projets, d’une part, mais également envers la discipline au sens large. «On aime utiliser des approches qui ont fait leurs preuves, en les plaçant dans un cadre renouvelé et innovant, dit Patrick Pellerin. On veut poser des gestes durables qui participeront à l’évolution de la culture visuelle.»

«la possibilité de diversifier nos plateformes a été l’attrait premier de cette nouvelle collaboration.»

Le studio, qui entretient une vision stratégique du design, considère que les clients commerciaux gagneraient à injecter une dimension culturelle à leurs projets, une ​valeur ajoutée recherchée par les consommateurs, selon Mathieu Cournoyer. «On s’assure que nos collaborateurs ne seront pas parachutés dans un projet de marketing.»

Dans un désir de laisser une trace dans l’espace public et d’améliorer la relation entre la société avec son environnement immédiat, l’équipe souhaite davantage collaborer avec les villes, pour des projets plus complexes et à plus grandes échelles. «Notre bagage en design de l’environnement se transmet dans une démarche questionnant les codes visuels», soutient Bryan-K. Lamonde. «On veut faire partie d’un patrimoine graphique qui ne sera pas remis en question dans une vingtaine d’années», conclut Patrick Pellerin.

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Édition 2017

1 million d'Horizons 

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photo Maxime Brouillet

 

Photo de couverture: Adrien Williams