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Les Jeux olympiques, entre image et performance

Les Jeux olympiques: une affaire de télé plus que de sports? L'équipe de Dans les médias fait le point sur la question avec Paul Houde. 

Les Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang accaparent en ce moment 23% de l'espace médiatique du Québec selon Influence communications – et c'est assurément loin d'être le seul endroit au monde où cette situation prévaut. Mais comment la couverture média – plus précisément la télévision – influence-t-elle les Jeux olympiques?

Du sport au spectacle

Pour Noémi Mercier, il suffit de se rappeler les Jeux de Munich, en 1972, pour trouver une piste de réponse. «Ces Jeux ont transformé la façon de télédiffuser les JO, explique-t-elle. On a assisté à la naissance du storytelling, notamment avec l'athlète russe Olga Korbut, de laquelle on a pu suivre tout un arc dramatique, sa trajectoire émotionnelle en plus de sa trajectoire sportive.»

Le modèle élaboré à l'époque par la chaîne ABC a vite été repris par NBC, présente détentrice des droits de diffusion des Jeux aux États-Unis, mais aussi par Radio-Canada. «C'est maintenant ce qui est au cœur de la diffusion des Jeux, pas mal plus que les performance en soi. Ça nous permet de nous identifier, de nous émouvoir et de nous inspirer; pour moi, c'est ce qui rend les Jeux intéressants.»

paul houde

 

Pour Paul Houde, il en est tout autre. «C'est une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de quitter ça. C'est une télé-réalité; les Jeux sont maintenant une télé-réalité! lance-t-il. Je me rappelle très bien des Jeux de 1972. […] Derrière tout ça, il y avait un homme, Roone Arledge, et son élève qui travaillait comme une petite abeille derrière lui. Ces deux hommes-là, ils ont complètement transformé les Jeux olympiques, les ont refabriqués pour nous les donner comme on les a présentement.»

Une affaire commerciale

Si la mise en récit des Jeux a profondément transformé leur diffusion, la question des droits a, elle aussi, un grand impact. «Ça génère des revenus publicitaires complètement fous, explique Noémi Mercier. NBC avance que ce seront 900 millions$US en revenus publicitaires [qu'elle engrangera] pour les simples Jeux de Pyeongchang.»

Mais la question des droits devient de plus en plus difficile à circonscrire, pour toutes sortes de raisons dont les réseaux sociaux. «Le Comité international olympique (CIO) a eu de la difficulté à s'adapter aux médias sociaux, explique Paul Houde. Ce que le CIO vend, c'est de l'exclusivité; il donne à ses clients un cadenas qu'il est de plus en plus difficile de respecter.» L'exemple récent de Paul Arcand, qui s'est entretenu avec Mickaël Kingsbury sur les ondes du 98,5 FM malgré l'exclusivité de Radio-Canada, l'illustre bien. «Les recherchistes ont pris un risque, et ça a fonctionné», conclut-il.

Aussi au programme de l'épisode de cette semaine: une entrevue avec Vincent Graton, l'affaire Monica Lewinsky 20 ans plus tard et le pouvoir de l'image dans les manifestations à Téhéran. Dans les médias est diffusée le jeudi à 21h à Télé-Québec. Vous pouvez aussi suivre l'émission sur FacebookInstagram et Twitter