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Les deux tiers des Canadiens ont les yeux rivés sur PyeongChang

En raison du décalage horaire abrupt avec la Corée du Sud, les estimations d’auditoires de Radio-Canada étaient plutôt pessimistes pour les Jeux olympiques. Toutefois, au sixième jour des compétitions, la couverture du diffuseur avait déjà rallié près des deux tiers des Canadiens. 

Quelques jours avant le coup d’envoi, les estimations d’auditoires prévoyaient une baisse de 40% par rapport aux Jeux de Sotchi en 2014: 430 000 téléspectateurs en direct étaient attendus, tout au plus. Pourtant, un auditoire moyen de 1,3 million a eu les yeux rivés sur PyeongChang de 6h à 9h, le 9 février dernier. La couverture de Radio-Canada/CBC a touché 42% de parts de marché.

Radio-Canada avait promis une couverture canadienne «jamais vue dans l’histoire olympique»: de 20 à 22 heures de diffusion quotidienne captées par 65 caméras, jusqu'à sept compétitions en simultané sur le web et sur appareil mobile, une couverture renouvelée à la radio, pour un total de 2500 heures en direct.

Afin de contrer les 14 heures de décalage horaire et l’effritement de la consommation télé traditionnelle, Radio-Canada/CBC a davantage misé sur les plateformes sociales pour la diffusion de contenu. Une soixantaine de personnes s’affairent uniquement sur le web et les réseaux sociaux à Montréal, en plus de quelques rédacteurs sur place pour assurer une présence canadienne continue sur les différentes plateformes. 

Une technologie qui rapporte

Si plus de 285 personnes ont été envoyées par le diffuseur public sur le terrain en Corée du Sud, la majorité du travail de production se déroule à la maison. Une équipe de 150 personnes travaille exclusivement pour les Jeux olympiques dans la tour radio-canadienne. «Certains sports comme le bobsleigh, qui demandent une vision plus exhaustive des analystes, sont commentés à même les studios de Montréal», explique François Messier, directeur général, productions et sports, des services français de Radio-Canada.

«Le Championnat du monde d'athlétisme de 2003, à Paris, a marqué le monde de la diffusion sportive internationale, soutient-il. Il y a 15 ans, la technologie ne permettait pas de travailler à distance, tout le monde devait être sur place.» Résultat: une réduction considérable de la taille des équipes dépêchées sur le terrain, d’une part, mais également des coûts de production, Radio-Canada étant tenue de demeurer «financièrement responsable». Radio-Canada/CBC n'a toutefois pas communiqué le montant déboursé pour la diffusion des Jeux d’hiver 2018.

Reste à voir si l’absence des joueurs de la Ligue nationale de hockey aura raison de l’auditoire du tournoi de hockey olympique. À Sotchi, la finale masculine de hockey avait permis au diffuseur d’attirer plus de deux millions de téléspectateurs.