La référence des professionnels
des communications et du design

Parce que les téléphones intelligents doivent encore être vendus

Cette semaine à la chronique Bêtes de pub, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, présentent d’habiles offensives pour vendre des téléphones intelligents, dans un marché où la concurrence est toujours plus féroce. 

Bien que 82% de la population canadienne utilise un appareil mobile, et que plus de 73% possèdent un téléphone intelligent, les entreprises doivent redoubler d’efforts pour concevoir des campagnes ingénieuses, qui feront écouler leurs appareils. La concurrence est rude sur le marché des téléphones mobiles.

L’égocentrisme décomplexé

Stéphane mailhiot

havas

Pour démontrer la qualité de l’appareil photo de son iPhone 10, dans la foulée de son opération Shot on iPhone, «Apple ne se contente plus de faire une campagne d’image avec de belles photos léchées, soutient Stéphane Mailhiot, elle mise désormais sur le selfie.»

Le célèbre discours de Muhammad Ali I’m the greatest en trame de fond, des égoportraits de gens de tous les horizons déroulant au même rythme que l’élocution du boxeur, Apple va bien au-delà du simple selfie. «En utilisant une trame sonore où l'on parle de modestie avec un certain rictus, Apple met en opposition l’égocentrisme de ce type de portrait avec un discours inspirant, puis place le selfie dans la catégorie de la confiance en soi», ajoute Stéphane Mailhiot. 

Vendre «correctement»

«Ça vous arrive de disparaître derrière votre téléphone intelligent?». C’est le problème que soulève Motorola dans une campagne par Ogilvy Paris, invitant les Français à se questionner sur la conciliation vie et téléphone, par le sondage Phone life balance.

Une personne sur 10 a déjà consulté son téléphone pendant un enterrement. 53% des hommes et 71% des femmes préfèrent se passer de sexe que de leur téléphone pendant un mois. Et l'on peut même obtenir son diplôme de diète numérique, peut-on apprendre sur le site de l’entreprise.

«Ce genre de publicité dénote qu’il existe un certain inconfort quant à la dépendance aux appareils mobiles», explique Stéphane Mailhiot, qui cite l’initiative des producteurs d’alcool et leurs campagnes de modération, ou Loto-Québec et son service de jeu responsable. «Quand on constate que les entreprises qui vendent un certain produit commencent à mener des campagnes de sensibilisation sur l’abus du même produit, la tension sociale est importante.»

arnaud granata

infopresse

Arnaud Granata soulève une certaine ironie dans le message. «On est dans une ère où, pour nous vendre un produit, les marques doivent nous vendre une forme de problème. Chaque téléphone qui arrive sur le marché force le consommateur à être encore plus connecté, avec une infinitude de nouvelles fonctions et applications.»

Stéphane Mailhiot prévient que Motorola vend uniquement les appareils, pas la connexion qui les accompagne. L’entreprise prend en quelque sorte la controverse par les cornes et en préférant concevoir des campagnes de modération, plutôt que d’attendre la réglementation de l’État. «En mettant de l’avant la bienveillance du téléphone, Motorola atteint les réfractaires de la technologie intelligente.»

Aussi au programme cette semaine: le phénomène Éli Bouchard, le surfer des neiges de 10 ans qui fait déjà baver les marques, l’hôtel de Dublin qui bannissait les influenceurs et la grande inauguration d’Amazon Go à Seattle, l’épicerie «sans file d’attente».  

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.

 

 

 

comments powered by Disqus