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L'art de réussir ses excuses publiques

Depuis l'automne dernier, les excuses ont la cote. Mais à l'heure où elles pleuvent, quel poids ont-elles? À quoi les excuses publiques servent-elles? C'était le sujet d'un débat à l'émission Dans les médias.

Après l'automne qu'on a vécu, les excuses publiques ont assurément la cote. Mais à l'heure où celles-ci pleuvent, quel est leur poids réel? À quoi demander pardon dans les médias sert-il dans ce contexte?

Pour décortiquer la question, l'équipe de Dans les médias, en compagnie d'Ève Laurier, directrice principale d'Edelman à Montréal, s'est intéressée à quelques-unes des excuses ayant marqué la dernière année au Québec.

Bonnes excuses, mauvaises excuses: où tracer la ligne?

Ève laurier

 

L'époque a ceci de particulier que les excuses sont si nombreuses qu'on puisse les comparer les unes aux autres pour déterminer les meilleures et les moins bonnes. Qu'est-ce qui fait d'un mea culpa une bonne excuse?

Pour Ève Laurier, l'entrevue accordée par la mairesse de Montréal Valérie Plante à l'animateur Patrice Roy sur la hausse de taxes municipales représente une occasion ratée et un exemple à éviter. «Elle ne s'est pas excusée. […] Elle ne veut pas s'excuser.» Interrogée à savoir en quoi auraient dû consister des excuses dans ce cas, l'experte a répliqué avec simplicité: «Je m'excuse. Je vous ai laissé tomber. On arrête là, on n'en demande pas plus. Et je suis certaine que le journaliste l'aurait remerciée, puis serait passé à un autre appel.»

À l'autre bout du spectre, l'actrice américaine Reese Witherspoon, qui, en 2013, s'était retrouvée au centre d'une affaire de conduite en état d'ébriété, devrait servir d'exemple. Langage corporel, humilité, authenticité; tout y est. «Elle reste très sobre. Elle ne joue pas la comédienne, ne va pas trop loin, ne dramatise pas, ne demande pas pardon. Elle reste vraiment humble en disant "J'aurais dû faire beaucoup mieux"», explique Ève Laurier. «Une crise, c'est une occasion. Les caméras vont te regarder, tes clients, le monde, tes employés vont te regarder. Si personne ne connaît tes valeurs, c'est ta chance. Montre qui tu es.»

Le cas Justin Trudeau

Si les excuses se faisaient auparavant plutôt rares en politique, le premier ministre canadien Justin Trudeau, lui, n'hésite pas à y recourir – mais à quelles fins? Du 24 novembre au 20 décembre 2017, il s'est en effet excusé trois fois: aux pensionnaires autochtones de Terre-Neuve-et-Labrador, à la communauté LGBTQ et après avoir été blâmé par la commissaire à l'éthique pour ses vacances sur l'île privée de l'Aga Khan.

Arnaud granata

«Il y a deux de ces exemples-là [les excuses aux pensionnaires autochtones et à la communauté LGBTQ] où c'est fait pour être viral, pour être partagé sur les réseaux sociaux, avance Arnaud Granata. Les médias du monde en ont parlé; c'est fait pour ça. Le dernier exemple [les excuses pour ses vacances chez l'Aga Khan], aucun intérêt à ce que ça devienne viral. Donc le débit est beaucoup plus rapide, on insiste moins sur les mots.» Les excuses seraient-elles donc instrumentalisées?

Aussi au programme de cet épisode: les «mèmes, nouvel outil de communication politique; le langage apocalyptique de la météo, et une entrevue sur la transformation médiatique de Gabriel Nadeau-Dubois. Retrouvez ici l'intégralité de l'émission Dans les médias, diffusée le jeudi à 21h à Télé-Québec. Vous pouvez aussi suivre l'émission sur Facebook, Twitter et Instagram

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