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Airbnb fait la promotion des «Shithole countries»

Airbnb investit 100 000$US pour la promotion de logements en Haïti, au Salvador et dans certains pays africains visés par les présumés propos du président américain Donald Trump, qui les aurait qualifiés de «shithole countries». 
 

Le 11 janvier dernier, une source informait le quotidien Washington Post que le président Donald Trump aurait qualifié Haïti et certains pays d’Afrique de «shithole countries» lors d’une rencontre fermée à Washington sur le programme des «dreamers». À la suite de la divulgation de l’information dans les médias, le président américain a nié avoir formulé une telle remarque. Le sénateur Dick Durbin a, de son côté, affirmé avoir entendu ces propos lors de ladite réunion.

Selon Fortune, la plateforme de location Airbnb y aurait répondu en investissant 100 000$US en publicités numériques afin de promouvoir des logements en Haïti, au Salvador et dans certains pays africains. Airbnb a affirmé à Fortune que 75 000 hôtes de ces régions auraient gagné 170 millions$ en 2017 en employant sa plateforme. 

Le cofondateur et chef de la direction d’Airbnb, Brian Chesky, a aussi partagé plusieurs destinations au Kenya, Ghana et Haïti par son compte Twitter personnel.

Airbnb continue de publier des photos de logements au Maroc et de destinations en Haïti et au Sénégal en reprenant le mot-clic #weaccept faisant référence à sa publicité portant un message de tolérance diffusé lors du Super Bowl de 2017.


Airbnb, une marque qui se veut activiste
Ce n’est pas la première fois qu’Airbnb prend position face à des déclarations du gouvernement Trump. En janvier 2017, Brian Chesky avait offert des logements gratuits pour aider les personnes affectées par les mesures visant à restreindre l’entrée aux personnes provenant de sept pays à majorité islamique ainsi qu’aux réfugiés de guerre.

Airbnb aurait également bloqué les comptes de suprématistes qui avaient prévu recourir à ses services dans le cadre d'une activité de ralliement d'août dernier à Charlottesville aux États-Unis.

Quelques bémols...
Bien que la marque mise sur sa position d’ouverture, elle a été aux prises avec de nombreuses critiques et plaintes d’utilisateurs victimes de discrimination raciale au moment d’employer la plateforme de location. En 2017, la publication de l'étudiante Dyne Suh en Californie évoquant l’annulation d'une de ses réservations en raison de ses origines asiatiques est devenue virale.

La même année, l'on a assisté à la création du mot-clé #AirbnbWhileBlack. Depuis, Airbnb a conclu un partenariat avec l’association nationale pour la promotion des gens de couleur aux États-Unis et s’est pliée à la demande du Département de l'emploi et du logement équitable de la Californie de mener une enquête sur les pratiques de location des utilisateurs. L’organisation gouvernementale a par ailleurs formulé une plainte contre Airbnb pour avoir échoué à mettre en place des mesures afin de prévenir des discriminations contre les utilisateurs noirs.

Photo en couverture: Pointe Figuier, Haïti par Caleb George