La référence des professionnels
des communications et du design

Une campagne d'affichage signée Dead Obies

Le groupe montréalais Dead Obies a joué les publicitaires en concevant une campagne promotionnelle dans laquelle des extraits de ses chansons se sont retrouvés imprimés en grosses lettres sur des affiches dans la région de Montréal.

Les membres de la formation étaient en discussion avec la maison de disques Bonsound pour trouver une façon à leur image de promouvoir leur spectacle de fin de tournée à la salle montréalaise Métropolis. L’idée leur est alors venue de récupérer des paroles de leurs chansons, puis de les déployer dans l'espace public, en se servant de l’environnement immédiat auxquelles certaines paroles font référence.

«ON A VOULU JOUER AVEC LE QUOTIDIEN DES GENS, AVEC CE QU’ILS VIVENT actuellement.»

Ainsi, les paroles d’une chanson dans laquelle la croix du Mont-Royal est mentionnée se retrouvent affichées près de la station de métro Mont-Royal, à la vue des passants. D'autres paroles, qui parlent d’un lieu spécifique, ont arboré l'intersection en question.

«On cherchait une idée d'affichage qu'on pourrait récupérer sur les réseaux sociaux, explique Jean-Christian Aubry, gérant du groupe. Donc, on a décidé de partir du contenu existant en affichant des citations du groupe dans la ville.»

L’agence de design graphique Feed a élaboré la police de caractères qu’on retrouve sur les affiches. L’idée était d’utiliser une typographie d’époque qui rappelle les vieux panneaux de signalisation de rue qui ponctuent encore certains endroits de la ville.

Au final, le côté minimaliste des affiches permet de mettre l'accent sur les mots et leur signification. «Le résultat est super simple, que du noir sur du blanc. On a voulu le traiter un peu comme si c’était de la signalisation, raconte Jean-Christian Aubry. En passant en voiture, j'ai aperçu une affiche et, même si trois ou quatre lignes, c’est relativement beaucoup de contenu, j'ai eu le temps de la lire au complet.»

«On cherchait une idée d'affichage qu'on pourrait récupérer sur les médias sociaux.»

Au total, sept affiches grand format sont dispersés en affichage sauvage à Montréal. Sept autres lumiquais ont été installés dans le métro. Jean-Christian Aubry fait toutefois remarquer que le groupe, qui s’exprime dans une langue amalgamant le français à l’anglais, contrevenait aux lois d’affichage dans le métro et a dû modifier une partie de sa campagne. 

Par ailleurs, le gérant du groupe fait remarquer que la simplicité des affiches, qui leur permet de se démarquer aux côtés d'autres plus chargées, fait en sorte que les passants qui reconnaissent les chansons ont tendance à se prendre en photo devant elles et à les partager naturellement sur les réseaux sociaux.

«On est bombardé de publicité et notre cerveau est maintenant capable de les ignorer, fait noter Jean-Christian Aubry. Quand une publicité fait référence à ton environnement immédiat, tu te sens interpellé plus vite. On a donc voulu jouer avec le quotidien des gens, avec ce qu’ils vivent actuellement.»

 

comments powered by Disqus