La référence des professionnels
des communications et du design

Pop-up go: un pont entre commerçants et propriétaires

Les boutiques éphémères sont de plus en plus populaires, notamment en raison du commerce en ligne, qui oblige les entreprises à rivaliser de moyens pour se rapprocher physiquement de leur clientèle. Pop-up Go veut aider à jumeler commerçants et propriétaires pour faciliter ce commerce nouveau genre.

Les Amazon et Alibaba de ce monde ont révolutionné la façon de brasser des affaires, obligeant les commerçants de partout à prendre le virage numérique pour simplifier les transactions.

Ces géants reconnaissent toutefois la nécessité d'investir aussi l'univers du brique et mortier, où ils ont un accès privilégié à une clientèle et un contact plus personnalisé. C’est sur cette toile de fond qu’est née il y a quelques années en Europe la tendance des boutiques éphémères. «Qu'ils soient d'entreprise à consommateur ou interentreprise, les joueurs ont besoin d’être plus près de leurs clients, de comprendre où vont leurs produits et qui les achète, explique Linda Farha, présidente de Zernergy Communications, installée à Toronto et fondatrice de Pop-up Go.

linda farha

Zernergy Communications

Le phénomène s’est vite répandu en Amérique du Nord, si bien que cette nouvelle industrie représenterait des ventes annuelles de 50 milliards$US en 2015, selon une étude d’Independent Retailer.

«Au Canada, les gens veulent encore se déplacer et obtenir un service personnalisé malgré les transactions possibles en ligne.» En effet, la majorité des consommateurs préfèrent d’abord magasiner dans un point de vente, puis terminer la transaction à cet endroit, selon un sondage mené par Salesforce et SapientRazorfish. Et cela vaudrait autant pour les 18-24 ans, pourtant reconnus comme la génération reine du web transactionnel.

Trouver l’emplacement idéal

Tout comme pour un point de vente «permanent», le choix d’un lieu doit faire l’objet d’une analyse du marché approfondie. Et c’est là tout le nerf de la guerre.

«Je cherchais un lieu pour une activation et essayer un produit, et je me demandais pourquoi aucun site ne répertoriait ces espaces à louer», mentionne Linda Farha.

Pop-up Go est particulièrement utile pour une entreprise d’ailleurs au pays qui désire trouver un lieu à Montréal et vice-versa.

Forte de sa longue expérience et communication et en marketing, elle a donc lancé la plateforme web Pop-up Go il y a deux ans à Toronto. Elle vise ainsi à aider les propriétaires à proposer des espaces à louer dans des secteurs nichés, et aux commerçants ou aux agences de trouver l’emplacement idéal pour leurs besoins. Montréal s'est ajoutée à l'offre il y un an.

La spécialiste a ainsi passé au peigne fin les lieux potentiels, rencontré les propriétaires d’espaces de toute taille d’un peu partout au Canada. «C’est particulièrement utile pour une entreprise d’ailleurs au pays qui désire trouver un lieu à Montréal et vice-versa.»

Si Linda Farha croyait au départ que le service se limiterait en ligne, elle a toutefois vu que la demande dépassait la recherche d’espace. Elle a donc ajouté un service personnalisé, Make it Pop, offert depuis environ trois mois à Montréal, où elle propose son aide en communication et en marketing aux clients, du design de la boutique, aux activités pour assurer un achalandage dans le lieu choisi en passant par la gestion des réseaux sociaux et la création du matériel promotionnel.  

Il est également possible d’obtenir un «match parfait» selon le type d’activation ou d'événement qu’on recherche. «Nous avons collecté des données sociodémographiques qui nous permettent de déterminer quelle activation sera la plus pertinente dans un secteur précis d’une ville.»

À nouvelle tendance, nouvelles façons de faire

La montée des boutiques éphémères bouscule le monde des affaires, notamment celui du secteur immobilier. «Les chercheurs d’espaces ignorent encore comment vaut un lieu pour une courte période, mentionne Linda Farha. Et les propriétaires, eux, habitués de produire des baux de 5-10 ans, ne savent pas comment demander pour cinq heures.»

Les propriétaires, habitués de produire des baux de 5-10 ans, ne savent pas comment demander pour cinq heures.

D’autant plus que les objectifs de location d’un espace peuvent être multiples: film, activité communautaire, exposition d’art, activation.

Sans compter que les gestionnaires immobiliers ne sont généralement pas des gens de marketing et sont souvent déconnectés de cette réalité.

«Ce secteur est appelé à changer. Les gestionnaires immobiliers devront embaucher des experts en marketing qui comprennent bien le commerce éphémère.»

Selon elle, le commerce ne se transformera pas énormément dans les prochaines années. «Le Canada devra trouver des façons d’augmenter l’achalandage ici et de garder la croissance dans notre marché en se positionnant comme un chef de file dans le domaine.»

 

En couverture: Pop-up go.com

comments powered by Disqus