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Charlottesville: l'occasion pour les marques de se positionner

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Canada, discutent des entreprises forcées de clarifier leur position à la suite des événements de Charlottesville.

arnaud granata

infopresse

Des marques impliquées malgré elles

Au moment des événements de Charlottesville le 12 août dernier, les images du rassemblement ont fait le tour de la planète, et bon nombre de marques se sont fait happer par la vague.

Sans avoir donné leur consentement, elles ont vu leur logo ou leurs produits associés au mouvement.

On pense entre autres aux torches Tiki, généralement reconnues pour illuminer les cours arrière d’habitations, récupérées en symbole par les militants de Charlottesville.

L'entreprise a publié un court communiqué expliquant qu'elle n'endossait pas les événements de Charlottesville, rappelant pour quelle utilisation ses produits sont conçus. 

Stéphane Mailhiot croit qu'en n'exprimant pas de façon claire son désaccord, la marque a «manqué sans doute l’occasion de clarifier sa position quant à la tolérance et par rapport au sujet précis».

stépane mailhiot

havas

D’autres marques, elles, ont pris des mesures plus radicales pour exprimer les valeurs qu'elles défendent. C'est le cas de GoDaddy, qui a tout simplement indiqué au site d’extrême droite Daily Stormer qu’elle allait cesser de l’héberger. Le site s'est alors tourné vers Google, qui a aussi refusé cet hébergement. Fait à noter, après une courte apparition en Russie grâce à un hébergeur russe, le site semble encore avoir été bloqué.

Par ailleurs, la plateforme Airbnb s’est retrouvée un peu malgré elle au cœur des manifestations de Charlottesville, alors que des participants du rassemblement avaient fait des réservations sur le site. Toutefois, Airbnb a vite pris position en bloquant systématiquement l’accès aux comptes liés à des suprématistes.

Les dirigeants quittent

Au-delà des initiatives de marques, quelques patrons d’entreprises quitté tour à tour le groupe d’entrepreneurs conseillant Donald Trump, afin de protester en marge des événements de Charlottesville.

Après le président du géant pharmaceutique Merck, les patrons d’Under Armour et d’Intel ont abandonné le conseil économique américain. Alors qu'il avait mentionné dans un tweet que «pour chaque dirigeant qui choisit de quitter le conseil, plusieurs autres souhaitent prendre leur place», le président américain a annoncé la dissolution de deux des instances l’entourant pour le conseiller en matière de politique.

Selon Arnaud Granata «ce n’est plus juste une prise de position pour l’image des marques, ça va beaucoup plus loin. C’est un engagement des dirigeants pour protéger les clients, mais aussi les employés».

 

Aussi au programme cette semaine: une nouvelle application de Toyota pour favoriser la conduite sécuritaire chez les adolescents, l'ouverture par Kellogg's de nouveaux cafés à New York et la candidate à la mairie de Projet Montréal, Valérie Plante. 

Retrouvez l’intégralité de la chronique «Bêtes de pub», diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.

 

Photo: David Everett 

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