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Des marques se dissocient des événements de Charlottesville

En marge des manifestations ultranationalistes tenues à Charlottesville, en Virginie, aux États-Unis, les marques Tiki, GoDaddy, Google, Merck et même la Ligue nationale de hockey s'en dissocient.

Les lampes torches Tiki

Reconnues pour illuminer les cours arrière de bon nombre d'habitations, les lampes torches Tiki ont été récupérées, le week-end dernier, en symbole nationaliste par les militants de Charlottesville.

photo: Evelyn Hockstein — The Washington Post/Getty Images

À la manière des torches utilisées par les membres du Ku Klux Klan, les lampes étaient visibles aux bras des ultranationalistes présents lors du ralliement Unite the Right, qui a mené à la mort d'une contre-manifestante, frappée par une voiture samedi dernier à Charlottesville.

Entraînée dans le mouvement malgré elle, la marque Tiki a réagi sur Facebook, en publiant un message condamnant l'utilisation de ses produits dans ces événements.

«La marque Tiki n'est associée d'aucune manière avec les événements ayant eu lieu à Charlottesville et nous en sommes terriblement attristés et déçus, peut-on lire sur le message. Nous ne supportons d'aucune manière leur message [aux manifestants ultranationalistes] ni cette utilisation de nos produits.»

L'hébergeur de sites web GoDaddy et Google

Spécialisée dans la gestion de noms de domaine sur internet et en services d'hébergement web, l'entreprise américaine GoDaddy s'est aussi dissociée des événements de Charlottesville.

Dans un tweet, GoDaddy laisse entendre que l'entreprise a informé le média suprémaciste Daily Stormer qu'il doit se trouver un nouveau domaine pour héberger le contenu de son site web.

«Nous avons informé le Daily Stormer qu'il a 24 heures pour changer de domaine web et se trouver un nouvel hébergeur, puisqu'il a violé notre entente de conditions et services.»

Ce tweet était en réponse à un message d'Amy Suskind, fondatrice du site web The New Agenda, qui demandait à GoDaddy de bannir le Daily Stormer pour avoir publié un article obscène à-propos d'Heather Heyer, la contre-manifestante décédée samedi dernier.

Au lendemain de la décision de GoDaddy, le géant numérique Google a emboité le pas, en refusant lui aussi d'accueillir le site web du Daily Stormer sur son service d'hébergement web Google Domains.

La Ligue nationale de hockey et les Red Wings de Détroit

La controverse entourant les événements de Charlottesville s'est aussi étendue jusque dans les sphères du sport professionnel.

Certains des manifestants ont été vus lors du ralliement en compagnie de boucliers munis du logo des Red Wings de Détroit.

photo: Twitter/Yahoo SPorts

Le logo était cependant altéré, les rayons de la roue de voiture ayant été modifiés en petits symboles «SS», rappelant l'iconographie nazie. 

photo: cnn

L'organisation a été prompte à réagir, par l'entremise de Facebook et Twitter, indiquant «désapprouver avec véhémence» l'utilisation de son logo par les manifestants de Charlottesville. L'équipe professionnelle de hockey ajoute aussi «explorer toutes les avenues juridiques possibles, puisque la situation touche une utilisation frauduleuse de son logo».

La Ligue nationale de hockey s'est aussi mêlée de l'affaire, publiant sur son site web un communiqué précisant «être évidemment outragé par l'utilisation incorrecte et irresponsable de notre propriété intellectuelle».

Le géant pharmaceutique Merck

Lundi matin, c'était au tour du géant pharmaceutique Merck, par l'entremise de Kenneth Frazier, son président directeur-général, de se dissocier des événements de Charlottesville.

Kenneth Frazier était jusqu'ici conseiller économique de Donald Trump. Sa démission de ce poste se veut un acte de protestation contre les déclarations jugées tièdes du président américain après les violences de Charlottesville.

Sur Twitter, Merck a relayé le message de démission de Kenneth Frazier, dans lequel on pouvait lire que «les dirigeants américains doivent honorer nos valeurs fondamentales en rejetant clairement les manifestations de haine, de sectarisme et toute revendication de suprématie qui nient l'idéal américain voulant que tous les hommes aient été créés égaux».

Il conclut en ajoutant qu'«en tant que PDG de Merck et en mon âme et conscience, j'estime de ma responsabilité de prendre position contre l'intolérance et l'extrémisme».

Pas la première fois

Finalement, rappelons que ce n'est pas la première fois que des marques sont dans l'embarras à la suite à l'utilisation de leurs produits en tant que symboles ultranationalistes.

En novembre dernier, New Balance avait été plongée en pleine controverse à la suite d'un tweet d'Andrew Anglin, blogueur suprémaciste et éditeur du Daily Stormer, qui avait déclaré que les New Balance sont «les chaussures officielles du peuple blanc».

En couverture: le logo détourné des Red Wings de Détroit. Photo: CNN

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