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Décès de Sébastien Deland: «Un créatif d'une grande exigence»

Le jeudi 10 août, le directeur artistique Sébastien Deland est décédé à 37 ans. Infopresse a recueilli les témoignages de membres de l'industrie avec lesquels il a évolué dans sa carrière. 

«Je l'ai embauché tout bébé en 2004, alors qu'il travaillait chez Cossette», se souvient d'emblée Gaëtan Namouric, fondateur de Perrier Jablonski.

«C'était vraiment un artiste pur, il ne vivait que pour ça.»

«Il a travaillé en duo avec plusieurs grands rédacteurs dans sa carrière. C'était vraiment un artiste pur, il ne vivait que pour ça. Tu ne pouvais pas lui lancer un projet sans qu'il ne te revienne avec une idée. En fait, ta job, c'était plus de le freiner que de le pousser. Le talent des gens vient nécessairement avec une souffrance. Il faut apprendre à travailler avec cette matière première dangereuse qu'est le talent.»

À plusieurs moments dans sa carrière, Sébastien Deland a aussi été jumelé au photographe Alain Desjean, avec qui, selon lui, il formait un «duo incroyable».

«Le plus important à se rappeler, c'est vraiment son côté humain.»

Alain Desjean se souvient d'ailleurs de Sébastien Deland comme d'un humain exceptionnel et «d'un créatif d'une grande exigence».

«C'était une personne que j'ai beaucoup aimée, qui prenait soin des gens. Autant au travail qu'en dehors. Oui, c'était un grand créateur, mais aussi quelqu'un qui avait vraiment de l'écoute. Le plus important à se rappeler, c'est vraiment son côté humain.»

«Il m'a littéralement appris mon métier.»

Joshua Lessard, concepteur-rédacteur de K72, se remémore quant à lui sa capacité unique à transmettre sa passion. «Il m'a littéralement appris mon métier. Bien au-delà de la paperasse et des tendances numériques et des comportements d'achat des milléniaux, lui m'a appris ce qu'était vraiment un créatif.»

Toujours chez K72, Simon Beaudry, directeur de création, garde en mémoire la qualité du travail de Sébastien Deland. «Seb arrivait avec une idée qui te jetait par terre. Peu importe le brief, peu importe la stratégie, quelque chose s’imposait et tu le laissais juste faire pour que son diamant reste le plus brut possible, jusqu’à livraison. C’était un guerrier kamikaze de l’exécution.»

Finalement, Joshua Lessard garde aussi en mémoire son arrivée à l'agence Sid Lee, alors que lui et Sébastien Deland venaient d'être jumelés.

«J'espère qu'il me garde une place dans son bureau.»

«Ça faisait trois jours qu'il était des nôtres que déjà les murs de notre bureau étaient tapissés de maquettes, scénarios et flashs qu'il avait pondus. Si l'on avait réalisé chacune des idées qu'il a accrochées sur ce gypse-là, Seb serait dans les crédits au concours Créa pour les 10 prochaines années. C'est même lui qui m'a recommandé à l'agence où je travaille actuellement. On devait être regroupés. J'espère qu'il me garde une place dans son bureau.»

Toute l'équipe d'Infopresse offre ses condoléances à la famille et aux proches.

En couverture: Sébastien Deland. Photo: courtoisie de Bleublancrouge

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