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Memento: le nouveau magazine de Madore qui entend devenir une marque

Madore Production fait des petits. Sa division Atelier, lancée il y a quelques semaines, donne déjà naissance à un projet signature: le magazine Memento. Kim Giroux et Sonia Bluteau expliquent leur vision.

L’idée du magazine a germé dans l’esprit de Kim Giroux, présidente de Madore Production, qui souhaitait s’offrir une carte de visite, mais en créant du contenu original. «Tous les artistes de Madore ont contribué à Memento et ont présenté des œuvres uniques conçues pour la publication.»

Celle-ci proposera un thème différent à chaque numéro, qui sera choisi par Sonia Bluteau, ancienne directrice de création de Ricardo Média. Le thème de la première cuvée est One.

«On a lancé le défi à nos photographes et à nos réalisateurs de sortir de leur zone de confort et de créer du contenu exclusif à partir de ce thème», explique cette dernière. «Dans chaque numéro, nous pousserons nos artistes à explorer de nouvelles choses qu'ils n’auraient pas faites naturellement, ajoute Kim Giroux. C’est un bon moyen de faire connaître leur travail sous un angle qui dépasse la simple commande de clients.»

Les réalisateurs ont été aussi appelés à contribuer au magazine, notamment par l’ajout de composantes de réalité augmentée. C’est ainsi qu’à l’aide d’une simple application, l'on peut consulter des vidéos et écouter de la musique en balayant certaines photos de son écran d'appareil mobile. Une forme de contenu à valeur ajoutée.

Tout a été également pensé pour mettre de l’avant le travail des artistes. «La maquette est très sobre au sur le plan artistique pour laisser toute la place aux visuels», précise Sonia Bluteau.

Les photographes sont ainsi nommés dès le début, de même que tous les collaborateurs. «Souvent, ces personnes sont inscrites en petits caractères dans une publication. Nous avions envie de faire les choses autrement et de bien indiquer aussi où l'on peut retrouver leur travail.»

La publication sera bilingue, et non traduite: certains articles seront en effet rédigés en français, d’autres en anglais. Seules les recettes proposées seront offertes dans les deux langues.

Pas morts, les magazines imprimés

Alors que plusieurs médias cessent leur publication imprimée, Madore croit encore au pouvoir du papier. «Il y a encore une demande pour le format papier, particulièrement pour les magazines de qualité. On n’a qu’à penser aux magazines d’Europe qui se vendent 30$ l’exemplaire», soutient Kim Giroux.

C’est ailleurs un peu pour cette raison que le titre sera publié seulement deux fois par année, afin qu’il soit axé sur la qualité avant tout. Il faut dire aussi que ces sujets sont intemporels et pourront demeurer pertinents même dans cinq ans. Les angles des articles sont ainsi choisis avec soin. «Dans le premier numéro, par exemple, on traite de la mode en présentant une gamme de complets pour hommes, mais du point de vue de l'évolution de la coupe de ces tenues et des raisons qui l’expliquent.»  

«Les gens sont beaucoup plus captifs dans un magazine papier, ajoute Sonia Bluteau. Il s’agit du support idéal et qui se décline parfaitement.»

Les deux partenaires d’affaires ne souhaitent en effet pas s’en tenir seulement à un magazine et ont des visées beaucoup plus larges pour Memento.

«Pour mieux comprendre nos ambitions à l’égard de Memento, je le compare parfois à Urbania, qui offre un magazine et une plateforme web pour les milléniaux, indique Kim Giroux. À la différence près que Memento s’adresse aux 35-45 ans.»

Ainsi, Memento pourrait devenir une galerie, un café, une collection de papeterie, etc. Sonia Bluteau, qui a travaillé pendant 10 ans avec Ricardo, illustre d’ailleurs que celui-ci avait commencé par un magazine avant que la marque s’étende à toutes les autres plateformes.

Une double naissance

C’est durant cette collaboration pour le magazine entre Sonia Bluteau et Kim Giroux que l’idée d’offrir ce même concept à des annonceurs directs a vu le jour sous la nouvelle division Madore Atelier. Celle-ci permet d’ajouter une corde à l’arc de Madore Production et d’offrir un service clés en main, de la création de contenus, des services de design à la production de photo et vidéo.

«Les agences et les annonceurs directs passaient par Madore Production pour des séances de photos, mais on avait envie de maximiser la diffusion de celles-ci et d’offrir d’autres idées d’utilisation», explique la présidente. Les projets de Madore Production peuvent donc être explosés et vice versa s'ils débutent par Madore Atelier.

Plusieurs annonceurs directs ont déjà recouru aux services de cette nouvelle division, dont la Société des alcools du Québec, Cacao Barry, Première Moisson, Reitmans et Les éleveurs de porc du Québec.

Un magazine sans publicité?

Pour sa publication, le magazine n’a pas été subventionné par des revenus publicitaires. «Les seules publicités qu’on y retrouve sont celles qu’on a conçues pour nos partenaires, précise Sonia Bluteau.

C’est le cas pour des marques comme la Pâtisserie Rhubarbe, Butterblume et le café Névé, qui ont participé au lancement ou ont accepté de distribuer les magazines dans leur commerce. Ceux-ci ne sont pas distribués pour le moment dans les maisons de presse, mais Madore y compte bien.

«Nous souhaiterions éventuellement avoir des annonceurs dans notre magazine, pour le financer d’une part, mais aussi pour le diffuser à un plus large public», mentionne Kim Giroux.

Les publicités seraient toutefois créées par l’équipe afin qu’elles s’intègrent au style du magazine.

Enfin, la production remplace en quelque sorte la promotion que l'entreprise faisait chaque année pour ses artistes. «Quant à faire de la promotion imprimée, nous avons choisi un format durable, qui peut intéresser un peu tout le monde et que les gens pourront garder dans leur bibliothèque», souligne Sonia Bluteau.

 

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