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Une publicité chinoise d'Audi fait scandale

En Chine, un message d'Audi dans lequel une mariée est inspectée à la manière d'une voiture usagée a causé une importante vague de protestations, forçant le constructeur automobile allemand à s'excuser et à le retirer.

Dans l'exécution, qui met en scène un couple chinois sur le point de se marier, l'on voit la mère du mari accourir vers les futurs époux afin d'inspecter la mariée, devant la centaine de convives présents à la cérémonie. Pour déterminer si la mariée atteint les «standards» de son fils, la belle-mère attrape la mariée par le nez et les oreilles, avant d'inspecter ses dents, sa langue et même ses seins.

Le message se conclut ensuite sur une ligne assez maladroite: «Une décision importante doit être prise avec prudence», comparant le fait de sa marier à celui de s'acheter une voiture. «On ne peut être certain seulement qu'avec une certification officielle», peut-on lire pendant qu'une auto usagée Audi défile à l'écran.

Vague de protestations

La réaction des internautes chinois à la publicité a été instantanée: sur Weibo, l'équivalent de Twitter en Chine, le mot-clic «publicité d'Audi de voitures usagées» (traduction libre) avait été relayé plus de 300 000 fois dans les premières heures suivant la diffusion initiale de la publicité, en début de semaine. 

Deux jours plus tard, le 19 juillet, Audi s'excusait pour sa publicité, mais seulement par courriel et exclusivement aux personnes qui avaient écrit à l'entreprise pour se plaindre. Aucune excuse publique n'a été publiée sur son site web ou ses réseaux sociaux.

Dans ses courriels d'excuses, Audi indiquait qu'elle «regrettait profondément» la publicité, estimant que la perception «ne correspond pas aux valeurs de l'entreprise». Le message a été retiré de tous les réseaux sociaux d'Audi.

Dans un entretien accordé au quotidien South China Morning Post, un porte-parole d’Audi a précisé qu’une enquête interne était en cours afin de déterminer les responsables derrière cette offensive. Toutefois, comme le précise AdAge, le message est l'œuvre d'Ogilvy & Mather Pékin. L'agence a refusé de commenter l'affaire à la publication spécialisée.

Ce n'est pas la première fois qu'un message chinois fait les manchettes pour son traitement réservé aux femmes. L'année dernière, la firme chinoise de détergent Qiaobi avait dévoilé une pub dans laquelle un homme noir couvert de peinture entrait dans une machine à laver, avant d'en sortir tout blanc, avec une apparence chinoise.

 

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