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Les nouveaux défis de McCann Montréal

Mylène Savoie, qui a lancé le bureau de John st. à Montréal aux côtés de Sébastien Lafaye et de Cédric Audet à la fin de 2014, est aujourd'hui à la tête de McCann Montréal, qu'elle entend bien faire connaître et reconnaître. Entretien avec une dirigeante à l'esprit entrepreneurial.

McCann Montréal, connue comme Marketel McCann jusqu'en décembre dernier, date à laquelle l'agence a changé d'identité et cédé la présidence à Mylène Savoie, représente à la fois une jeune et une vieille agence pour l'écosystème québécois. Et c'est sur cette prémisse qu'entend bâtir Mylène Savoie. «À mes yeux, Marketel a toujours fait partie de l’écosystème McCann. L’agence a perdu quelques plumes aux yeux du public ces dernières années, mais je crois fondamentalement en l’importance de bâtir sur cette fondation qu’est Marketel, une des agences les plus influentes et un pilier de l’industrie publicitaire au Québec.» 

Nous sommes dans une industrie de ressources humaines. Les idées sont aussi bonnes que les personnes qui y travaillent. 

Un réseau solide
Interrogée sur la tâche qui l'attend, Mylène Savoie se dit très confiante. La force de McCann Montréal réside, selon elle, en partie dans le réseau éponyme auquel elle appartient. Et dont elle compte bénéficier. «Nous profitons d'un bon momentum du réseau en ce moment (McCann Worldgroup a notamment été nommé réseau de l'année au concours ADC 2017). L’équipe canadienne et nord-américaine est très forte. Et les résultats commencent à se faire voir.» Pour elle qui travaille depuis 20 ans en publicité, dont 15 ans en réseau, le fonctionnement d'une telle structure n'est pas nouveau. Elle en connaît les avantages, tout comme les compromis. 

«Certains annonceurs cherchent autre chose, c'est certain. Il y aura toujours de la place pour de plus petites agences québécoises. Mais le fait est qu'il en existe de moins en moins, si l'on regarde des exemples comme celui de Loto-Québec, qui traite avec des agences de propriété asiatique.» Selon elle, que l'agence soit affiliée à un réseau est même généralement perçu d’un bon œil par les annonceurs avec qui ils travaillent, car ledit réseau leur permet d’accéder à des ressources hyperspécialisées. 

«Pour certains contrats spécifiques, je n’aurai pas nécessairement accès à des spécialistes de domaine très pointus, mais est-ce que je peux faire appel à eux pour seulement une heure ou deux? Oui. Notre overhead en est réduit de beaucoup, et ces économies se font ressentir par nos clients, car nous réinvestissons dans des experts et des systèmes à la fine pointe.»

Se définir dans l'écosystème local
Malgré tout, Mylène Savoie ne croit pas que l'agence doive se définir par le réseau dont elle fait partie, mais bien par l'héritage de Marketel de bâtir des marques d’ici. «Dans l’industrie, il y a toujours cette grande peur, que les acquisitions soient dommageables pour les bannières québécoises et certains s’y sont cassé le nez en effet. Mais je pense que c’est comme pour n’importe quelle agence, réseau ou pas: la qualité des gens fait la qualité du travail. Nous sommes dans une industrie de ressources humaines. Les idées sont aussi bonnes que les personnes qui y travaillent. Pour moi, l'important, c’est de continuer d’assurer d’avoir les meilleures têtes. Et pour cela, je veux des Québécois qui connaissent leur marché et désirent faire rayonner les marques d’ici. On ne souhaite surtout pas devenir un bureau régional du réseau.»

Dans le cas de McCann, la transition fait partie d’une évolution naturelle. nous partons de l'acquis pour créer du nouveau, tout en profitant du fait que l’ancien leadership reste engagé sur le plan du conseil d’administration.

Des défis.. d'actualité
Quant aux prochains chantiers, la présidente souligne celui de la grande concurrence. «Notre principal défi est le même que pour tout le monde en fait. Là où nous pouvons changer quelque chose, c’est en influence. Il faut faire connaître McCann. On a beau avoir un long historique (McCann s'est implantée en sol canadien en 1912), ce n’est pas tout le monde qui nous connaît. Il faut faire connaître l’agence, ses gens. Mais je crois qu’il faut y aller tranquillement. Que ce soit par nos publicités, les résultats gagnés par les annonceurs, ça se fera.» Et ce ne sera pas la première fois. Car c'est exactement la même tâche qu'elle avait dû affronter en ouvrant un bureau de John st. ici. Dans ce cas, même si l'agence était en effervescence et avait gagné de nombreuses reconnaissances au Canada anglais, Mylène Savoie rappelle combien la reconnaissance en sol québécois a constitué un travail colossal. «C’est allé dans une très bonne direction, mais ça a été un énorme défi de se faire connaître. Pour McCann, je suis surprise à quel point les gens connaissent plus le nom, mais il faut rayonner maintenant.»

Enfin, Mylène Savoie considère que les changements vécus ces derniers mois au sein de l'agence reflètent une passation logique. «Les agences font bien de prévoir la relève, de la planifier avec soin. Il faut que ce soit réfléchi pour ne pas que ce soit géré "par après". Dans le cas de McCann, la transition fait partie d’une évolution naturelle. Nous partons de l'acquis pour créer du nouveau, tout en profitant du fait que l’ancien leadership reste engagé sur le plan du conseil d’administration.» 

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