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Simon De Baene: «On s'est dit qu'on allait innover à innover»

Rencontré à l’occasion de la conférence C2MTL, Simon De Baene, jeune président de Gsoft, raconte comment sa société a réorienté sa mission pour devenir une entreprise avec un impact dans la vie des gens.

SImon de Baene

gsoft

Communiquer le bonheur

Simon De Baene dirige une société qui met le bonheur de ses employés au cœur de ses priorités. Pourtant, le dirigeant avoue ne pas avoir toujours été heureux au sein de sa propre entreprise. «Quatre ans après l'avoir créée, je me suis rendu compte que j'étais malheureux au travail. Les employés étaient parachutés chez les clients, les bureaux étaient vides, on pouvait entendre le bruit des criquets. On travaillait pour des projets qui ne nous intéressaient pas tant que ça. On est vraiment arrivé à un point où l'on avait bâti une entreprise qu’on n’avait jamais rêvé de concevoir.»

«Se fixer sur le court terme peut créer un effet pervers de toujours vouloir chercher les raccourcis. Et, habituellement, les raccourcis mettent les gens de côté.»

Une fois le processus de réflexion amorcé, Simon De Baene a eu envie de réorienter la raison d'être de Gsoft pour qu'elle corresponde mieux avec ses valeurs. «Un jour, j’ai décidé d’arrêter de bâtir une entreprise traditionnelle pour créer une organisation à notre image. La peur de se marginaliser ne s’est jamais matérialisée et nous sommes devenus une entreprise qui se distingue, qui essaie de nouvelles choses.»

Simon De Baene le reconnaît, il y a très peu de choses qu'on peut contrôler dans la vie, mais il estime qu’ultimement, la communauté est ce sur quoi il est possible d’exercer du contrôle. «L'humain est le plus important facteur de réussite d’une entreprise. Quand nous avons décidé de devenir une firme orientée sur l'humain, c'est là que les affaires ont vraiment décollé.»

Lorsqu’on lui demande si plus d’entreprises devraient emboîter le pas et placer l’humain au cœur de leurs stratégies, Simon De Baene est catégorique: «Le problème avec les entreprises traditionnelles, c'est qu'elles sont axées sur le court terme. Leur objectif est de faire augmenter le prix de l’action au prochain trimestre. Se fixer sur le court terme peut créer un effet pervers de toujours vouloir chercher les raccourcis. Et, habituellement, les raccourcis mettent les gens de côté.»

Pour Simon De Baene, il existe un lien direct entre le bonheur au travail dans une entreprise et la relation avec les clients, qui s'en trouve automatiquement améliorée. «Quand tu veux faire vivre du bonheur à ton client, il faut que tu en vives toi aussi. Il faut que tu sois dans un environnement qui te permet de vivre de bonnes émotions pour en transmettre à d’autres.»

Innover à innover

Gsoft est reconnue pour multiplier les activités qu’elle propose à ses employés. Une rampe de planche à roulettes dans les bureaux, des voyages dans le sud et les retraites fermées outre-mer le prouvent. «Il faut savoir que toujours faire mieux ne veut pas nécessairement dire payer plus, assure Simon De Baene. La rampe de planche à roulettes est un symbole. De manière inconsciente, quand les gens la voient, ils comprennent pourquoi ils sont là. Ça représente la jeunesse, la folie, le dynamisme, l’intensité. Parfois, il faut se rappeler pourquoi l'on fait ce qu’on fait. Et je pense qu’au fil des années, nous sommes devenus meilleurs à articuler notre raison d’être.»

«LORSQUE NOUS AVONs décidé DE DEVENIR UNE organisation ORIENTÉE SUR L'HUMAIN, C'EST LÀ QUE LES AFFAIRES ONT VRAIMENT DÉCOLLÉ.»

Si Simon De Baene prétend que «l'innovation est le buzzword en ce moment», selon lui, la vraie innovation c'est davantage une décision d’entreprise d’accepter de réduire ses revenus à court terme pour en bâtir à long terme. Par ailleurs, le président de Gsoft souhaite que plus d'organisations mesurent leurs succès pas seulement par les revenus qu'elles génèrent, mais aussi pour leur impact concret dans la société. 

Et si l'innovation est la clé du succès pour les entreprises, Simon De Baene croit qu'elle doit constamment être encouragée et provoquée. C'est donc dire qu'une organisation qui aspire à traverser les époques ne peut pas s’asseoir sur son succès. «On s’est dit qu’on allait innover à innover, se souvient le président de Gsoft. Si tu as une idée ambitieuse à proposer, l'on peut débloquer un budget et t’offrir la possibilité de partir à l’étranger pendant deux semaines pour développer ton projet.» 

Les retraites fermées à l'étranger ont d'ailleurs permis d'ouvrir le Glab dans les bureaux de Montréal, où des projets d'intelligence artificielle sont élaborés. Les employés sont aussi invités à utiliser le laboratoire pour faire avancer leurs idées.

Le président de Gsoft ne voit pas son entreprise comme une entreprise de logiciels. «Notre mission est d'avoir un impact dans la vie des gens, signale Simon De Baene. On est en train de montrer que Gsoft c’est un mouvement, une philosophie et une manière de voir et faire les choses.»

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