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Créatif jusqu’à quel âge?

Un récent sondage de Crop montre que la créativité diminue avec l’âge. Anne-Marie Leclair, associée, vice-présidente, stratégie et innovation, de Lg2 à Montréal, nuance ce résultat. 

Un sondage mené par Crop révèle que 22% de la population canadienne a besoin d’exprimer sa créativité dans ses activités quotidiennes. Or, la palme des gens plus créatifs reviendrait aux moins de 35 ans selon les données, soit 35% pour les 18-24 ans et 28% pour les 25-34 ans.

Anne-marie leclair

lg2

Les chiffres diminuent ensuite par tranche de 10 ans jusqu’à atteindre seulement 15% à 65 ans et plus.

«Ce constat est vrai en partie», soutient Anne-Marie Leclair, associée, vice-présidente, stratégie et innovation, de Lg2 à Montréal. Elle cite les paroles de l’auteure Ursula K. Le Guin à ce sujet: «Un adulte créatif est un enfant qui a survécu.»

Le réflexe de Pavlov

«À cinq ans, l'on aurait 80% de notre potentiel créatif tandis que celui-ci passerait à 2% à 12 ans, explique-t-elle. Et cela coïncide avec l’arrivée à l’école, où l'on doit se conformer.»

Selon elle, on nous conditionne à être fonctionnels et efficaces plutôt que créatifs en progressant dans la vie. La créativité serait comme un muscle qui s’atrophie à force de ne pas le pratiquer.

Le clash des générations est particulièrement intéressant, puisqu’on peut combiner la fébrilité et l’énergie d’un plus jeune et l’expérience avec la vision plus long terme d’un sEnior.

Sans compter les facteurs biologiques, notamment le vieillissement naturel, la quantité de filtres sociaux qu’on accumule, une baisse d’énergie parfois jumelée à un manque de motivation.

Toutefois, il n’est pas difficile de trouver des exemples qui font mentir ces statistiques. On n’a qu’à penser à la vie de Steve Jobs, de Pablo Picasso et d'Andy Warhol, qui ont tous les trois atteint des sommets créatifs plus élevés après leurs 35 ans.

«Ce sont souvent des gens qui ne respectaient pas le statu quo et qui ne s’adaptaient pas toujours aux normes qu’on leur imposait.»

La créativité se nourrit

L’étude fait également ressortir les valeurs et postures mentales des gens qui ont besoin de se sentir créatifs. La stimulation des autres et, surtout, des gens différents apporterait ainsi beaucoup aux personnes sondées.

C’est un gros travail de la stratégie de transformer, par exemple, des données ou une étude de marché en inspiration.

En agence, cette stimulation peut passer par les équipes intergénérationnelles. «La créativité découle du choc de talents différents, indique Anne-Marie Leclair. Le clash des générations est particulièrement intéressant, puisqu’on peut combiner la fébrilité et l’énergie d’un plus jeune avec l’expérience et la vision plus long terme d’un senior

Les stratèges ont aussi un rôle important à jouer. «Nous sommes là pour inspirer la création, mais pas pour donner les solutions, précise-t-elle. C’est un gros travail de la stratégie de transformer, par exemple, des données ou une étude de marché en inspiration.»

Si la créativité est l’apanage des jeunes dans les chiffres, nous sommes cependant tous responsables de la nourrir, conclut-elle.

 

Photo en couverture: Alejandro Alvarez

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