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Vivendi enclenche l'achat de Havas France

L’entreprise de contenus et de médias Vivendi souhaite acheter la participation de 60% que détient le groupe Bolloré dans le groupe publicitaire Havas France.  

L’opération, qui planait déjà dans l’air depuis plusieurs mois, a été enclenchée et est évaluée à quatre milliards d’euros. La proposition d'achat, à un prix de 9,25 euros par action et financée à même la trésorerie disponible de Vivendi, a été accueillie favorablement par le groupe Bolloré. Celui-ci contrôle également Vivendi à hauteur de 20%.

Cette alliance a pour objectif, d’une part, de donner accès à l’expertise de Havas en données et à sa connaissance des consommateurs et, d’autre part, elle permettra au groupe publicitaire de jouir du savoir-faire de Vivendi en contenus et en distribution, de même qu’en gestion du talent.

Des doutes soulevés quant aux conflits d’intérêts

Ce mariage entre le géant des contenus et la grosse pointure de la publicité soulève toutefois plusieurs doutes en France. En effet, Vivendi détient des éléments d'actif comme Universal Music Group, Canal+, DailyMotion et Gameloft.

Selon Le Monde, les concurrents de Vivendi dans le marché de la télévision, comme TF1 ou M6, pourraient craindre que les budgets des annonceurs de Havas soient accordés à ces chaînes en priorité, ou encore que celles-ci aient accès aux conditions commerciales des concurrents à cause du groupe publicitaire.

Le quotidien Libération mentionne d’ailleurs que la situation où un groupe détient à la fois des chaînes de télévision et une agence de publicité est inédite en France, comme ces deux activités sont en général séparées.

Toutefois, la conclusion d’un rapport de la Commission européenne présentée par Le Monde montre que «[r]ien n’indique qu’Havas favorise particulièrement les chaînes du groupe Canal+ dans ses recommandations à ses clients depuis 2012». 

Selon le communiqué émis par Vivendi, la conclusion de ce projet dépendra de la réalisation de vérifications au préalable, de la signature du contrat d’acquisition entre les deux parties, de la consultation des directions respectives responsables du personnel et de l’approbation par les autorités de concurrence.

 

Photo: Pedro Lastra

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