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Infopresse visite... les Cantons-de-l'Est

Importante présence médiatique, préjugés qui datent et explosion du nombre d’agences: pour le troisième article de la série Infopresse visite, François Lanctôt et Catherine Melillo de l’agence Idea Communications se penchent sur les réalités de l’industrie des communications-marketing dans les Cantons-de-l'Est. 

FRANÇOIS LANCTÔT ET CATHERINE MELILLO

IDEA COMMUNICATIONS 

Nos amis les médias

«Les Cantons-de-l'Est, c'est une région très bien nantie en médias», lance de prime abord Catherine Melillo, vice-présidente, création. Cela constitue un atout, explique-t-elle, lorsque vient le temps d'atteindre les gens de la région.

Selon son collègue François Lanctôt, président d’Idea Communications, la culture médiatique s’est développée depuis longtemps ce secteur. «On a un quotidien, La Tribune, des chaînes régionales de V, TVA et Radio-Canada, beaucoup de stations de radio locales», souligne-t-il.

Faire tomber les préjugés

Mais cette omniprésence des médias en Estrie a pu se révéler un couteau à double tranchant. «Quand on a créé Idea, il n’y avait pas beaucoup d’agences dans la région. Comme les médias étaient très puissants ici, ils produisaient eux-mêmes les publicités qui passaient sur leurs ondes. C’est un service qu’ils rendaient et, souvent, c’était usiné le plus simple et le moins cher possible. Ça ne donnait pas toujours des chefs-d’œuvre.»

Une telle pratique aurait laissé des traces sur la réputation des agences dans les Cantons-de-l'Est, selon Catherine Melillo. «On sent une perception négative des annonceurs nationaux ou de la grande région de Montréal. Une perception selon laquelle on n'effectuerait pas un travail de qualité, pas à la hauteur de ce qu’ils recherchent.»

Sherbrooke, ville universitaire

L’Université de Sherbrooke accueille des milliers d’étudiants qui viennent d’un peu partout au Québec. Elle offre notamment un baccalauréat en communication appliquée. «La beauté de la chose, c’est d’avoir beaucoup de talent à portée de mains. Ce sont des jeunes qui s’illustrent partout et qui font rayonner la région», lance Catherine Melillo.

«Plus il y a d’agences, plus la barre est haute. Ça crée une saine concurrence.»
– Catherine Melillo

Selon François Lanctôt, cela crée aussi un bassin de consommateurs intéressant, grâce au système de coop de l’Université. Ce dernier encourage tous ces jeunes qui viennent habiter la ville pendant quelques années à dépenser. «Les étudiants dans des programmes de type coop sont en mode études et en mode travail. Donc, la population étudiante est quand même capable de bien vivre et de consommer, ce qui est intéressant pour les commerçants.»

Tous ces nouveaux diplômés ont aussi créé une recrudescence du nombre d’agences dans la région, explique Catherine Melillo. Selon elle, on en compte beaucoup plus qu’il y a 25 ans, quand Idea a ouvert. Plusieurs ont été créées par des étudiants qui ont décidé de s’y installer après leurs études. «Ça amène à la fois un côté plus dynamique et un côté plus critique. Plus il y a d’agences, plus la barre est haute. Ça crée une saine concurrence», juge-t-elle.

Cette saine compétition, c’est aussi ce qui permettrait de faire tomber les préjugés sur la qualité du travail des agences des Cantons-de-l'Est: «Nous sommes super fiers quand on voit une publicité d’un annonceur national et qu’on sait que cela provient une agence de la région.» 

Au-delà des Cantons

Redorer la réputation des agences locales auprès des annonceurs nationaux est primordial. Selon Catherine Melillo, le succès d’une agence, dans n’importe quelle région du Québec, dépasse les frontières locales. «Les Cantons-de-l'Est, c’est limité. Les budgets ne sont pas les mêmes et le bassin de clients-annonceurs est restreint. Si l'on veut croître, grossir, il faut se laisser éclater.» 

Photo: Destination Sherbrooke

Retrouvez toute la série dans la section Infopresse visite... du site Infopresse.

 

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