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Vidéotron: élargir son modèle d’innovation

Vidéotron s’est récemment unie à l’École de technologie supérieure, à Ericsson et au Quartier de l’innovation pour créer le premier laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente au Canada. Serge Legris, de Vidéotron, explique ce nouveau modèle d’innovation ouvert et collaboratif.

Si le sujet de l’innovation n’est pas nouveau, l'on observe toutefois ces dernières années qu’il est devenu une sorte de signature de certaines entreprises, une définition.

serge legris

vidéotron

Mais comment peut-on innover dans son modèle d’innovation? C’est un peu ce que Vidéotron a exploré en s’associant à l’École de technologie supérieure, à Ericsson et au Quartier de l’innovation pour créer le premier laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente au pays.

«Notre modèle traditionnel d’innovation consiste à effectuer une vigie à 360 degrés du marché, explique Serge Legris, vice-président, technologies et produits, ingénierie, de Vidéotron. Cela dit, nous participons aussi à des conférences très spécialisées sur l’évolution des technologies et réalisons des amalgames de technologies à utiliser et des tests auprès de certains groupes de la population.»

Or, pas toutes les technologies peuvent être testées en laboratoire. «La 5G, par exemple, a ceci de particulier qu’elle se transforme et va générer de nouveaux services qu’on ne connaît pas et dont on ignore la réception de la population.»

C’est justement l’objectif de ce laboratoire à ciel ouvert: expérimenter directement sur le terrain la multitude de facettes liées aux télécommunications de la cinquième génération.

Sortir de ses quatre murs

Vidéotron a ainsi décidé de sortir de son propre laboratoire «conventionnel» pour tester l’adoption des services de prochaine génération.

«Stagner dans le domaine technologique équivaut à mourir à court terme.»

«On reconnaît qu’on n’a pas le monopole des services de futures générations, alors quoi de mieux que d’engager des partenaires, la communauté des entreprises émergentes et le milieu universitaire afin de leur procurer l’infrastructure pour qu’ils tentent des choses et les testent avec la population qui y vit et y travaille pour améliorer son quotidien», souligne Serge Legris.

Selon lui, cette façon de procéder peut amener à des amalgames de technologies auxquels on n’aurait pas pensé entre les quatre murs d’un laboratoire. «Cette approche ne remplace pas tout ce que nous pouvons faire en entreprise en innovation, mais apporte plutôt une nouvelle dimension intéressante, surtout dans le contexte de ces technologies de cinquième génération.»

Lorsqu’on décide de collaborer à plusieurs, il va de soi qu’il faut d’abord déterminer des zones d’intérêts communes. «Nous avons mis des équipes en place qui détermineront les projets auxquels nous accorderons une priorité selon les critères de sélection fixés en groupe, précise Serge Legris. Nous favoriserons des projets dans l’intérêt du plus grand nombre et avec des retombées à court terme dans la communauté.»

Les partenaires ont d'ailleurs tenu une séance d'information le 27 mars dernier afin de présenter aux chercheurs intéressés les occasions de recherche qui pourraient naître de ce laboratoire.

La carte «joker» de l’innovation

Investir en innovation, c’est accepter la part de risque inhérente à celle-ci. «On ne peut connaître la destination de l’innovation, souligne Serge Legris. Mais il y a plus de risque à ne pas innover: stagner dans le domaine technologique équivaut à mourir à court terme.»

«Le rendement vient aussi dans tous les efforts qu’on met dans cette démocratisation de l’accès à la technologie.»

Le rendement d’investissement ne se calcule donc pas nécessairement sur ce qui se fera dans le laboratoire, mais plutôt après un certain temps. Le dirigeant cite en exemple illico télé nouvelle génération, dont la satisfaction des clients constitue le rendement d'investissement puisque les fonctionnalités qui améliorent leur expérience permettent de les retenir.

«Le rendement vient aussi dans tous les efforts qu’on met dans cette démocratisation de l’accès à la technologie. Et ça, à terme, on sait que c’est payant.» 

 

Photo de couverture: Mara Gilyadzino

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