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Panora.tv, une nouvelle avenue pour exporter le contenu vidéo d’ici

Lancée par Radio-Canada/CBC la semaine dernière, l'initiative allie des joueurs clés de l’industrie de la distribution et vise à faciliter l’exportation des contenus vidéo vers les marchés émergents et les services numériques. Olivier Trudeau, de Radio-Canada, en explique la stratégie.

À une époque où le marché est hautement fragmenté et où l’on assiste à l’émergence de bon nombre de petits acheteurs de contenu dans des marchés comme en Afrique, en Asie et en Amérique latine, les diffuseurs et distributeurs ne peuvent pas traiter de la même façon avec ceux-ci qu’avec les grands joueurs.

S’attaquer à la planète, c’est un gros défi. C’est pour ça que nous souhaitions cumuler des expertises complémentaires dans différents marchés dans le monde.

«Le modèle traditionnel de vente de contenus où l’on prend des mois à négocier des contrats et qu’on adapte la livraison, l’administration et la facturation à des grands joueurs est mal adapté à cette nouvelle réalité de petits acheteurs, précise Olivier Trudeau, premier directeur du développement commercial de Radio-Canada. Ce n’est pas comme de vendre à une entreprise comme Radio-Canada/CBC ou V, qui achète des contenus selon une certaine volumétrie financière.»

Changer les façons de faire

C’est devant ce constat que le diffuseur public a pensé apporter une réingénierie complète de son processus de vente, de manière à rendre accessibles les contenus québécois à l’étranger. Pour cela, il s’est allié des joueurs clés de la distribution, soit l’Office national du film (ONF), francetv distribution (FTD), Australian Broadcasting Corporation (ABC), la Radio-télévision du Portugal (RTP), la Radio Télévision suisse (RTS), YLE The Finnish Broadcasting Company et la Corporación Radio Televisión Española (RTVE) pour lancer la plateforme Panora.tv. Le projet a, par ailleurs, bénéficié du financement du Fonds des médias du Canada.

«Tous les diffuseurs publics ont été choisis avec un certain discernement, explique Olivier Trudeau. S’attaquer à la planète, c’est un gros défi. C’est pour ça que nous souhaitions cumuler des expertises complémentaires dans différents marchés dans le monde.»

La meilleure analogie qu’on puisse faire, c’est de la comparer à une forme d’ITunes B2B.

Cette approche d’ouverture a été privilégiée à une boutique uniquement canadienne. «Cela nous aurait limités, alors qu’il faut développer un produit qui attire le plus grand nombre.» Et la clé, selon lui, était de s’adjoindre des partenaires internationaux dont les marques ont déjà une certaine résonnance à l'étranger. «Collectivement, nous profiterons de l’achalandage et du réseau d’affaires des partenaires afin d’atteindre une masse critique suffisante pour que la plateforme rayonne partout dans le monde.»

Une plateforme tout-en-un

Ainsi, les acheteurs intéressés par les contenus locaux peuvent se rendre par la plateforme en ligne pour acquérir, selon leurs besoins, des droits de diffusion ou d’exploitation multiplateformes. Les contrats sont standardisés et le paiement s’effectue en ligne.

olivier trudeau

radio-canada

«La meilleure analogie, c’est de la comparer à une forme d’ITunes B2B, explique Olivier Trudeau. Elle s’apparente donc à la plateforme d’achat de contenu qu’on connaît, sauf que la clientèle est composée de diffuseurs et de plateformes OTT, qui naviguent sur notre plateforme, peuvent consulter, visionner et acheter les contenus.»

Les plus petits joueurs profiteront de cette initiative. Il compare un peu la situation à celle du monde de l’achat publicitaire, où les nouvelles plateformes automatiques ont permis d’acquérir de nouveaux annonceurs qui n’achetaient pas de publicité de façon traditionnelle parce qu’ils étaient trop petits. «Voilà un exemple où la technologie a permis d’élargir le bassin d’acheteurs.»

Dès son lancement l’automne prochain, la plateforme offrira plus de 500 heures de contenus provenant des diffuseurs publics collaborateurs. «Dans une première phase, nous travaillerons avec d’autres diffuseurs publics comme nous pour élaborer une plateforme avec une résonnance internationale. Mais comme la vision d’un diffuseur public est de soutenir l’industrie, nous ouvrirons subséquemment la plateforme à d’autres joueurs.»

On y trouvera essentiellement des contenus documentaires, du moins comme point de départ. «Il s’agit d’un style de contenu tout naturel pour les diffuseurs publics, dont nous sommes les principaux investisseurs, non seulement au Canada, mais partout, mentionne Olivier Trudeau. Il s’agit également d’une catégorie de contenu qui a besoin d’être soutenu dans l’industrie et avec une grande capacité d’internationalisation, notamment parce qu’elle se fonde sur des thèmes et des sujets.»

Le diffuseur compte toutefois élargir son offre à d’autres contenus dans des étapes subséquentes.

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