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Yves Saint Laurent s'attire (encore) les foudres

En France, une récente campagne d'affichage d'Yves Saint Laurent dans laquelle des mannequins au corps svelte prennent des poses très suggestives a suscité une cinquantaine de plaintes auprès de l'Autorité de la régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

Déployée dans les rues de Paris, la campagne d'affichage met en scène une jeune femme filiforme, en patins à roulettes de style talons aiguilles, penchée sur un tabouret de façon suggestive. Une autre affiche présente une autre femme, encore en patins à roulettes, les jambes écartées et offrant une vue directe sur ses sous-vêtements au premier plan.

Résultat: plusieurs voix s'élèvent dans l'Hexagone, dont celle d'Anne Tachene, conseillère économique et à l'innovation auprès de la mairie du 15e arrondissement de Paris, qui exigeait sur Twitter le retrait de la publicité.

La demande de retrait a d'ailleurs pris de l'ampleur sur le réseau, portée par le mot-clic #YSLRetireTaPubDegradante. Tellement, qu'une cinquantaine de plaintes ont été déposées auprès de l'Autorité de la régulation professionnelle de la publicité (ARPP), un organisme français «visant à promouvoir une publicité saine, véridique et loyale ainsi qu'une communication responsable».

À la suite du nombre élevé de plaintes, le jury de déontologie publicitaire de l'ARPP tranchera vendredi sur cette campagne controversée. Chose certaine: selon Stéphane Martin, directeur général de l'ARPP, l'offensive présente un «manquement incontestable» qui a déjà causé «une cinquantaine de plaintes pour de multiples motifs», dont images dégradantes, incitation au viol et valorisation de l'anorexie. 

«Infériorisation de la femme, femme offerte; voilà la variété des images auxquelles ce type de campagne renvoie les jeunes publics, plus fragiles, indique Stéphane Martin. Je ne suis pas sûr que toutes les femmes clientes aient envie d'être associées à ces images-là.»

Ce n'est pas la première fois qu'une initiative d'Yves Saint Laurent fait des vagues de la sorte. En 2015, l'entreprise avait été épinglée au Royaume-Uni pour la «maigreur maladive» de sa mannequin. Auparavant, d'autres cas du genre avaient aussi créé des remous, au point où il s'agit même en quelque sorte d'une habitude pour la marque, comme le rappelle Le Nouvel Observateur.

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