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Artères commerciales: amener les clients aux magasins

À l’heure où le commerce électronique est sur toutes les lèvres, les artères doivent stimuler le commerce de proximité, puis l'adapter aux nouvelles réalités. Retour sur la conférence Artères commerciales en ébullition lors du sommet du commerce de détail Hop!.

Présentée par Denis Collerette, conseiller en développement économique de la Ville de Montréal, la conférence du 22 mars a mis en vedette trois directions générales de Sociétés de développement commercial (SDC) de Montréal. Celles-ci ont partagé leurs stratégies commerciales face à la concurrence du commerce en ligne et des centres commerciaux, de même qu’en matière d’offre de commerce et d’évolution de leurs artères.

«Le rôle des SDC, c’est d’amener les gens sur la rue. C’est ensuite aux commerçants de les attirer chez eux. Nous sommes en quelque sorte des générateurs d’achalandage des artères», souligne Jimmy Vigneux, directeur général de la SDC Hochelaga-Maisonneuve.

Se démarquer par l’originalité

En plus de se concurrencer entre elles, les grandes artères doivent composer avec les centres commerciaux et le commerce en ligne. Elles n'ont d'autre choix que de recourir à tous les moyens pour se démarquer.

«L’avantage des artères commerciales par rapport aux centres commerciaux, c’est que ce n’est pas juste un endroit où aller magasiner.»
– Jimmy Vigneux

Et cela passe par des commerces, des restaurants ou des boutiques qui offrent une expérience différente à la clientèle ainsi que des produits innovants. Kriss Naveteur, directrice générale de la SDC Quartier Fleury Ouest, cite l'exemple d'une boucherie créative où l'on sert des saucissons artisanaux. 

Pour que les gens ne se rendent pas magasiner ailleurs, il faut bien sûr offrir des services utiles, mais des commerces uniques comme ceux-là assurent aux artères une bonne mixité commerciale.

«Les artères deviennent un peu une pépinière où de jeunes entrepreneurs viennent s’installer et démontrent leur talent particulier aux clients, qui veulent ensuite revenir pour accéder à cette particularité qui ne se retrouve pas ailleurs», précise Mike Parente, directeur général de la SDC Plaza Saint-Hubert. 

Ceux-ci ont donc un rôle important à jouer dans le rayonnement des quartiers. «Ils jouissent d'une bonne couverture dans les médias et grâce à eux, ceux-ci parlent de nos artères et font découvrir les commerçants innovants qui s’y trouvent.»

Événements rassembleurs et sentiments d’appartenance

Pour attirer les gens dans les commerces, il faut être capable de faire une différence. «L’avantage des artères commerciales par rapport aux centres commerciaux, c’est que ce n’est pas juste un endroit où aller magasiner, mais bien un milieu de vie, un lieu d’animation et d’ambiance. C’est là-dessus qu’on doit miser», croit Jimmy Vigneux.

De nos jours, les gens veulent consommer de façon responsable et avoir un impact avec les dollars qu’ils dépensent. «Il faut convaincre les habitants du quartier que chaque dollar dépensé, c’est un dollar qu’on réinvestit dans le quartier, contrairement à un achat en lien ou au centre commercial. En échange, on doit leur offrir des activités.»

Spectacles de rue, animations, fleurissement des artères représentent autant de façons de garder les gens dans le quartier et de les faire consommer sur les lieux, en plus de susciter leur sentiment d’appartenance. Le quartier Hochelaga a même développé une gamme de vêtements que les citoyens se procurent et portent fièrement depuis la dernière année.

La force des artères repose également sur ses propriétaires très actifs qui se trouvent sur les lieux et améliorent l’expérience de la clientèle. «Un commerçant qui voit le même client 20 fois de suite pourrait très bien décider de lui accorder une réduction de 20%, ce qui est moins le cas en ligne ou dans un centre commercial.»

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