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Publicité et entrepreneuriat, un nouveau modèle d’affaires?

Si les agences sont habituées d’accompagner leurs clients dans leurs stratégies d’affaires, il s’agit d’une autre chose que de retourner le miroir vers soi et de lancer son propre service. C’est pourtant ce qu’a fait Les Évadés en cofondant Adèle sur demande.  

D’abord consultée par l’entreprise Adèle pour analyser le secteur de l’entretien ménager et revoir son modèle d’affaires, l’agence Les Évadés s’est retrouvée à 50% actionnaire de la plateforme Adèle sur demande.

Celle-ci fonctionne un peu comme le service Uber: les clients peuvent se rendre en ligne pour fixer la date et l’heure d’arrivée du pro du ménage, obtenir la liste des tâches effectuées, confirmer la réservation et connaître le coût exact du service.  

«Les agences peuvent décider de s’adapter aux changements technologiques ou être plutôt les agents de ces changements.» – Alain cloutier

«Les Évadés est une agence de communication qui accompagne plusieurs de ses clients dans la transformation de leur entreprise vers des modèles d’affaires qui utilisent le pouvoir du numérique pour créer de la valeur. Dans le cas du projet Adèle sur demande, nous nous sommes investis jusqu’à devenir cofondateurs du projet», explique Alain Cloutier, coprésident de Les Évadés.

Même si l'on voit parfois des agences diversifier leur offre en proposant un service complémentaire aux leurs, par exemple de la traduction ou de la consultation, il est plutôt rare qu’une agence porte le chapeau de l’entrepreneur.

Un projet à fort potentiel d’expansion

L'entrepreneuriat n'est pas sans risques, particulièrement pour une agence qui doit mener de front toutes ses autres activités usuelles.

«C'est sûr que lorsqu'on investit de l'argent, l'on risque beaucoup, mais nous croyons que c'est grâce à ce type de partenariat, où nous contribuons par notre expertise, que nous pouvons profiter de la valeur ajoutée créée», souligne Alain Cloutier.

Dans un marché comme celui de Montréal, il n'est pas toujours facile pour une agence de rayonner ailleurs. «Quand on pense à tous les efforts, au temps et aux investissements qu'une agence consacre pour se faire connaître, un projet comme Adèle, qui nous appartient, nous apparaissait avoir beaucoup de sens.»

Adèle sur demande a en effet la possibilité d’étendre ses activités à Toronto et à New York, deux villes qui présentent un bon potentiel pour ce type de service, selon un sondage que la firme de recherche Crop a mené pour l'agence. De plus, comme la plateforme est bilingue et déjà mise sur pied, son déploiement à plus grande échelle n'engendre pas plus de coûts.

«Quand on pense à tous les efforts, au temps et aux investissements qu'une agence consacre pour se faire connaître, un projet comme Adèle qui nous appartient nous apparaissait avoir beaucoup de sens.» – Alain cloutier

«En tant qu’entrepreneur, on recherche continuellement du financement. Un tel projet nous a donc permis de rencontrer plusieurs investisseurs et partenaires qui ont amené des occasions d’affaires à notre agence.»

C’est le cas de Raymond Chabot Grant Thornton, qui a accompagné Adèle sur demande à chaque étape de son plan d’affaires. «Notre partenariat avec cette entreprise a favorisé le réseautage avec plusieurs de ses clients et nous a donné accès à une tout autre ligue.»

Devenir des agents de changement

Pour Alain Cloutier, les agences peuvent décider de s’adapter aux changements technologiques ou être plutôt les agents de ces changements. Et c’est cette dernière avenue en laquelle il croit. «Quand on réalise un projet comme Adèle, ça nous met en danger et nous place dans une dynamique où nous devons continuer de gérer les activités de l'entreprise et les ressources à déployer, même si ça ne nous rapportera pas à court terme. En même temps, cela nous rend plus agiles et plus branchés sur la réalité de nos clients.»

C’est ainsi que l’agence a créé une équipe entièrement consacrée à Adèle sur demande, menée par le PDG Claude Riopel et l'un des fondateurs de l’entreprise, Gaétan Migneault. Le reste de l’agence ne travaille pas à ce projet, à moins qu’il ne soit question d'un mandat qui tombe dans ses cordes, c'est-à-dire, en design, en relations publiques, en déploiement, etc.

«Il s'agit véritablement d'un incubateur, d'un laboratoire où l'on développe des outils qui mesureront mieux certaines données de nos clients, comme le taux de conversion, mais qui nous seront aussi utiles à nous.» – alain cloutier

L’aventure a aussi permis à Les Évadés de se doter d’outils qui assurent une meilleure gestion de ses investissements en publicité, en marketing et même sur le plan de ses opérations. «Il s'agit véritablement d'un incubateur, d'un laboratoire où l'on développe des outils qui mesureront mieux certaines données de nos clients, comme le taux de conversion, mais qui nous seront aussi utiles à nous», précise Alain Cloutier.

Le projet a enfin amené une dimension d’innovation, notamment sur le plan des produits employés, qui respectent les normes environnementales, mais aussi sur leur transport. «Il a fallu repenser l’équipement et la façon de transporter les produits en milieu urbain, où les pros du ménage doivent prendre les transports en commun.» Les services résidentiels d'entretien ménager traditionnels se voyaient en effet plus en banlieue, notamment puisque les professionnels pouvaient plus facilement se déplacer en voiture avec leur équipement.

 

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