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Retour du Nokia 3310: et si c'était mieux avant?

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d'Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, discutent, entres autres, du «nouveau» téléphone proposé par Nokia.

Cette semaine, Nokia annonçait le retour de son modèle de téléphone cellulaire iconique, le 3310. Présentée en marge du rendez-vous Mobile World Congress de Barcelone, cette nouvelle version reprend les codes du design d'origine, alors que le 3310 fut l'un des premiers modèles marquants de téléphones cellulaires, dévoilé au tournant du millénaire.

arnaud granata

infopresse

photo: julie artacho

Au-delà du rappel au design d'antan, le «3310 2.0» a aussi d'original qu'il se veut un remède à une certaine intoxication numérique, estime Arnaud Granata.

En effet, s'il est maintenant doté d'un appareil photo de (seulement) deux mégapixels, le nouveau 3310 ne vise pas du tout le même marché que la gamme moderne de téléphones intelligents superpuissants. Alors que ces derniers sont aujourd'hui monnaie courante, somme toute assez semblables et employés comme de petits ordinateurs, Arnaud Granata indique que Nokia souhaite que son 3310 soit utilisé «comme un téléphone», par pour surfer sur Facebook.

Le Nokia 3310 version 2017.

Photo: Reuters

S'inscrivant dans un retour aux «téléphones stupides», le 3310 table sur son ergonomie, des touches physiques où l'on appuie sur des boutons et une nostalgie des appareils qui servaient à... téléphoner. De l'avis d'Arnaud Granata, cette stratégie est intéressante puisqu'elle cherche à combler en quelque sorte un «nouveau besoin» pour bien des consommateurs: l'envie de se déconnecter, puis de se couper d'une communication et d'une connexion permanentes.

stéphane mailhiot

havas montréal

D'après Arnaud Granata, le 3310 pourrait même devenir une solution pour plusieurs parents qui souhaitent doter leurs enfants d'un appareil cellulaire sécuritaire. Avec cette offre, plus besoin de craindre les aléas des réseaux sociaux ou autres applications, alors que le 3310 ne permet même pas leur installation ni leur utilisation.

Finalement, Stéphane Mailhiot rappelle que le 3310 pourrait faire un tabac dans les marchés émergents, de par son prix abordable et sa faible utilisation de données numériques. En somme, le 3310 mise sur une stratégie de marketing réfléchie, selon les deux bêtes de pub: une offre nouvelle pour les gens hyperconnectés et une solution à faible coût pour les consommateurs moins fortunés.

Aussi au programme cette semaine: retour sur les Oscars et sa pluie de bonbons, une publicité de Calvin Klein mettant en vedette les acteurs du film oscarisé Moonlight, discussion sur la photo controversée de Kellyane Conway agenouillée sur un fauteuil du Bureau ovale, et l'histoire d'un ours en peluche qui en savait – et en disait – trop.

Retrouvez l'intégralité de la chronique «Bêtes de pub», diffusée à l’émission Médium large de Radio-Canada.

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