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Faire de l'information en 2017

Arrivé dans le paysage médiatique québécois en plein cœur de la grève étudiante de 2012, Huffington Post Québec est passé de zéro à 600 000 visiteurs uniques en quelques mois. Après cinq ans, ce chiffre s’élève maintenant à 1,2 million. 

Infopresse s’entretien avec son rédacteur en chef, Patrick White, sur la manière de se démarquer comme média de nos jours. 

Dans le contexte actuel où les gens sont bombardés d’information sur les réseaux sociaux, il n’est certes pas facile pour un nouveau média de percer le marché. C’était pourtant le pari de Huffington Post quand il a jeté ses pénates en sol québécois en 2012.

«Un média qui veut se démarquer de nos jours doit engager les consommateurs avec son contenu et bien comprendre les médias sociaux.» – Patrick white

«Huffington Post à l’international existait depuis 2005. On savait donc que la formule un tiers de blogues, un tiers de nouvelles et un tiers de contenu plus léger était déjà gagnante. Ce qu’on ne savait pas, c’était à quel point ça allait fonctionner ici», indique Patrick White.  

Réussir son virage numérique

C’est réellement la grève étudiante qui a propulsé le site d’actualité, qui a été parmi les premiers à utiliser les médias sociaux. Ceux-ci font d’ailleurs partie intégrante de son ADN. C'est ainsi que 54 % de son achalandage vient de Facebook, 22% du référencement et le reste d’URL direct et d'achalandage interne. «Un média qui veut se démarquer de nos jours doit engager les consommateurs avec son contenu et bien comprendre les médias sociaux.»

Face au déclin de la presse papier, les médias n’ont d’autre choix que de se tourner vers d’autres formats. En 2014, Huffington Post Québec a pris un important virage vidéo.  

«On essaie de produire au moins une vidéo 360 par mois. En 2017, on misera sur les vidéos virtuelles avec la firme Ryot.»

Si l’édition québécoise de Huffington Post dépendait plus au départ des agences de presse, elle a vite produit du contenu original, notamment des grands reportages sur le Plan Nord, l’analphabétisme au Québec et la précarité des artistes au Québec. «Ce qui marche très fort ici, ce sont nos blogues: nos 3000 blogueurs dans un territoire comme le nôtre offrent une pluralité d’opinions comme on en voit peu au Québec», illustre Patrick White.

Sécuriser ses revenus de publicité

Le rapport du Forum des politiques publiques nous apprenait récemment que Facebook et Google grugeaient les revenus publicitaires canadiens. Ils accaparent en effet 70% du gâteau du marché publicitaire numérique au pays.

Contrairement à d’autres médias, Huffington Post ressort indemne de cette situation. Il a notamment entamé un important virage vers le contenu distribué, par exemple avec Facebook Instant, qui lui assure un partage de revenus, de même qu'Apple News dans les prochains mois.

«Nous comptons maintenant six personnes aux ventes et nous nous concentrons sur nos clients et le contenu de marque, sans compter qu’on profite de l’expertise des vendeurs de MSN, transférés chez AOL Canada.»

Le rédacteur en chef remarque également le retour de l’intérêt pour des articles de fond et les grands reportages. «Nous lancerons ainsi des reportages qui allieront vidéos, textes, photos et infographies animées, dont une série sur les lieux abandonnés de Montréal qui commencera en février.» 

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