La référence des professionnels
des communications et du design

É(E)S: le design au féminin

L'exposition É(E)S désire établir un dialogue entre l’écriture et l’illustration, encourager la rencontre d’artistes et l’art au féminin. Entretien avec la designer Vanessa Duval, directrice artistique, designer et rédactrice de Studio Couleur Vive, qui signe son identité visuelle.

Vous aviez carte blanche. Qu’est-ce qui a motivé vos décisions artistiques?

En créant l'identité d'un événement féministe, je devais m'assurer de la clarté du message tout en ayant de l'impact. Sans qu'un nuise à l'autre. Le problème de couleur s'est donc imposé dès le début. Évidemment, une façon simple d'avoir évité le sujet aurait été de jouer en monochromie noire et blanche. Mais je trouvais que c'était de contourner une grande question: «En quelle couleur parle-t-on des femmes en 2017?». 

Pourquoi avoir opté pour le rose comme couleur de prédilection?
Premier constat, la couleur, dans ce projet, a un poids, elle devient une prise de position. Le rose porte en lui la binarité des choses à la suite de nombreuses années où nous l'avons attribué au sexe féminin et rejeté presque catégoriquement au sexe masculin. Quelle autre couleur suscite encore aujourd'hui la moquerie lorsque des hommes la portent ou l'utilisent? Quelle autre couleur est dite «couleur de filles»? Je n'en connais pas bien d'autres. 

Quelque part, le rose parle du «non masculin». Ce n'est pas une couleur de force, combative, comme le rouge. Ce n'est pas non plus une couleur passe-partout, comme le vert. C'est une couleur campée dans les clichés, une couleur liée par les poignets à des années d'asservissements binaires. Et comme les mouvements féministes l'ont fait avant moi, lorsqu'un terme joue en leur défaveur, je l'ai tourné à notre avantage. Nous en avons repris le pouvoir.

Vanessa Duval a créé un logo, une image couverture pour la page Facebook et une affiche. 

L'exposition É(E)S est une initiative de l’auteure Garance Philippe, qui a proposé à 12 illustratrices provenant du design, de la sérigraphie, de la bande dessinée et du tatouage de s’inspirer de ses textes pour créer 24 œuvres. Les illustratrices exposées sont: Laurence Eulalie, Lydia Marier, Amélie Dionoski, Mc Baldassari, Amanda Di Genova, Laurianne Poirier, Audrey Malo, Marie Plano (Lili Graffiti), Maxilie Martel, Sonia Roy, Céline Dastous et Maylee Keo. L’exposition sera présentée jusqu’au 17 mars au Centre culturel Georges-Vanier.

 

comments powered by Disqus