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YouTube: 30 secondes… de trop

Pour bien des utilisateurs, rien n’est plus frustrant que d’aller visionner un vidéoclip de 2:30 sur YouTube et devoir endurer 30 secondes de publicité. C’est ce que Google a décidé de supprimer. Une bonne idée, selon Dave Gourde de Bleublancrouge.

«Certains annonceurs prennent en otage les utilisateurs, allant jusqu’à accaparer le tiers du temps de la vidéo principale par de la publicité et en les privant du droit de l’ignorer, comme s’ils avaient juste ça à faire», explique Dave Gourde, associé et vice-président, médias, de Bleublancrouge.

Dave gourde

Bleublancrouge

C’est justement pour améliorer l’expérience publicitaire de ses utilisateurs en ligne que Google cessera de soutenir ce format long non désactivable à partir de 2018.

Il est toutefois possible de se demander pourquoi les annonceurs n’ont pas cru bon arrêter cette pratique jugée intrusive par la plupart des utilisateurs avant que Google ne prenne les grands moyens.

«C’est un peu le paradoxe de l’œuf et de la poule. D’un côté, c’est de la responsabilité de Google d’être à l’écoute de ses consommateurs et d’améliorer sa plateforme pour répondre à leurs besoins, souligne Dave Gourde. Mais de l’autre, les annonceurs auraient déjà dû passer à un format plus engageant pour atteindre ce type d’auditoire.»

Le bon format pour le bon message

Le géant du web souhaite maintenant favoriser les formats en prévisionnement de 15 et de 20 secondes, et promouvoir davantage les nouveaux «bumber ads» de six secondes impossibles à ignorer.

«Le temps est précieux. Proposer la publicité dans un concept plus court permet de synthétiser l’information et la marque», précise Dave Gourde.

En ce qui concerne la publicité en prévisionnement en ligne, il existe deux formats courts, soit celui de 10 secondes et moins, et celui de 10 à 15 secondes. «Les statistiques montrent que le format de 15 secondes convient le mieux en matière de rappel de marque», soutient-il.

Les changements récents de Facebook, Netflix, et maintenant YouTube, c’est le résultat du ras-le-bol des internautes. – Dave gourde

Quant au format de 30 secondes non désactivable, il s’agit souvent, selon lui, du format «paresseux». «On tombe souvent dans cette zone lorsqu’on n’adapte pas le contenu télé et qu’on le réplique pour le web, mentionne-t-il. Non seulement la publicité devient intrusive, mais on ennuie les internautes avec du contenu répétitif qu’ils ont déjà vu.»

Cela ne signifie pas pour autant que les publicités longues d’une minute et plus n’ont pas leur place en ligne. Tout dépend du message à passer. «Pour un format de ce type sur YouTube, seulement 15% des internautes se rendront jusqu’à la fin de la publicité. Sauf que si l'on réussit à amener ce pourcentage d’utilisateur jusque-là, l’engagement envers la marque augmente.»

Un exemple de publicité en format long est la publicité de Toyota de Bleublancrouge Ignore ton père, qui donnait la possibilité aux utilisateurs de passer l’annonce s’ils le souhaitaient, mais dont l’intrigue donnait envie de la poursuivre jusqu’au bout. Le choix était donc laissé aux internautes.

«La marque doit avoir à cœur le temps des consommateurs.»

L’avenir des publicités vidéo en ligne

Ce choix de Google aura possiblement un effet boule de neige pour les autres annonceurs et diffuseurs, ce qui serait souhaitable selon Dave Gourde.

Certains annonceurs prennent en otage les utilisateurs, allant jusqu’à accaparer le tiers du temps de la vidéo principale par de la publicité et en les privant du droit de l’ignorer. – Dave gourde

«On est dans une dynamique où les prix dictent tout. C’est certain que pour compenser la perte de revenus sur les médias traditionnels, il peut être tentant de se tourner en ligne sans adapter le contenu, concède-t-il. Mais ça ne devrait pas se faire au détriment des consommateurs. Les changements récents de Facebook, Netflix, et maintenant YouTube, c’est le résultat du ras-le-bol des internautes.»

Pour lui, l’industrie devrait revoir la façon de mesurer l’impact des publicités en mettant l’accent sur l’engagement. «Si l'on mesurait la valeur d’une publicité par rapport au temps que les gens prennent pour la regarder et sur les actions qu’ils prennent à la suite de ce qu’ils ont visionné, ça serait une façon intelligente de monétiser.»

À noter que le même sujet a également été abordé par notre journaliste Alessandra Rigano avec Alexandre Gravel, producteur et associé à Toast Studio, lors de conférence Télévision et Multiécran. Vous pouvez visionner la vidéo sur la page Facebook d’Infopresse.

En couverture: la publicité de Toyata Ignore ton père réalisée par Bleublancrouge.

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