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Le contenu long format a-t-il de l'avenir?

Popularité de la vidéo en ligne, intérêt des jeunes générations pour le contenu interactif, course aux clics: les articles long format présentent néanmoins de réelles possibilités selon Florent Daudens du quotidien Le Devoir et Lavinia Botez, consultante en production et en stratégie de contenu.

En entrevue récemment à Infopresse, Patrick White, rédacteur en chef du quotidien Huffington Post Québec, mentionnait que les chiffres montrent que leurs lecteurs et internautes ont un intérêt de plus en plus marqué pour le contenu long format.  

«On constate que le temps d'engagement d’un internaute vaut beaucoup plus que le nombre de clics, explique Florent Daudens, directeur de l'information numérique du quotidien Le Devoir. Si le format long a toujours existé, l’écosystème de l’information, lui, s’est complexifié et se décline maintenant en plusieurs formats.»

Comme les internautes ont plus de possibilités, leurs attentes sont donc plus grandes. Le défi réside ainsi dans la capacité d’amener le lecteur à la fin d’un long article. Une des grandes difficultés tient d’ailleurs à trouver la bonne longueur selon le sujet. «Une nouvelle où l'on ne fait que rapporter les propos de personnes et qui compterait par exemple 800 mots s’y prête moins, ajoute-t-il. Il doit y avoir une valeur ajoutée.» Le sujet doit donc avoir du souffle et être très incarné.

On constate que le temps d'engagement d’un internaute vaut beaucoup plus que le nombre de clics. – Florent Daudens

Cette observation vaut tout autant en marketing de contenu. «Pour qu’un texte de plus de 500 mots fonctionne bien, il faut absolument que le sujet soit fouillé et écrit dans un style engageant, ce qui n’est pas donné à tout le monde, insiste Lavinia Botez, consultante en production et stratégie de contenu et associée chez MeatMarket Photography. Pour emprunter cette avenue, il faut d’abord maîtriser les textes de 500 mots, puis se tourner vers des experts.»

À ce critère, s’ajoute bien sûr le moment de publication d’un article plus long. «À 8h dans la semaine, on a peu de chance que le lecteur se rende jusqu’au bout de l’article. C’est vraiment le samedi qu’on voit sa disponibilité», dit Florent Daudens.

Une approche multimédia

Un long texte soutenu par des composantes multimédias représente un bon moyen pour maintenir l’attention du lecteur et aérer le texte. «Si l'on balance tout un texte terne en ligne, le lecteur n’ira pas jusqu’au bout», précise Florent Daudens. C’est ainsi que ce type de contenu sera grandement bonifié s’il comprend des vidéos immersives, photos, infographies et graphiques.

Ce type de format est plus réservé aux entreprises et aux médias avec beaucoup de ressources. – Lavinia Botez

«L’infographie de Busbud des endroits le plus souvent photographiés dans Instagram au Canada et aux États-Unis ajoutée à un texte de contenu illustre bien comment une entreprise peut produire un contenu riche et pertinent», mentionne Lavinia Botez.

Il faut également comprendre qu’un format plus long requiert plus de ressources, que ce soit en ce qui a trait à l’expertise qu’aux montants investis. «Ce type de format est plus réservé aux entreprises et aux médias avec beaucoup de ressources, ajoute-t-elle. Si une marque veut se lancer là-dedans, elle doit être prête à payer pour le contenu.»

Pour un média, la question du rendement d’investissement ne se pose pas vraiment. Mais pour une entreprise, celle-ci doit s’interroger sur son objectif. «Si nos objectifs sont plus quantitatifs et cherchent à augmenter l'achalandage sur notre site web, ce n’est peut-être pas la meilleure stratégie. Si l'on souhaite plutôt bâtir une crédibilité, ça peut s'avérer une bonne façon», conclut Lavinia Botez.

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